Film canadien (1977).
Drame
Durée : 1h31mn
Date de sortie : août 1977
Avec : Marcel Sabourin, Monique Mercure, Catherine Tremblay, Denis Hamel, Stephane l’Ecuyer, Marthe Nadeau, Robert Desroches
Réalisé par Jean Beaudin
Au Canada, à l’aube du XXème siècle, les Martin, Rose-Aimée et Joseph Albert, vivent une vie sans passion auprès de leur cinq enfants. Quinze années de mariage et la monotonie qui s’ensuit les opposent. Pour Rose-Aimée, la vie humble qu’elle a choisie nécessite beaucoup d’amour mais la cantonne dans des corvées domestiques ; le métier de photographe de Joseph-Albert, proche de l’alchimie, l’environne d’une aura "d’artiste" qui le dispense des taches familiales... Comme tous les ans, J.A.Martin s’apprête à partir pour une nouvelle tournée en province ; Rose-Aimée saisit cette occasion inespérée pour rompre l’enlisement routinier de sa vie quotidienne et l’indifférence silencieuse de son mari. Ils s’en vont donc, parcourant le Québec au rythme lent et séculaire du pas des chevaux. Tandis que Rose-Aimée découvre une existence insoupçonnée, la joie de vivre près de son mari, l’allégresse devant la nature, sa propre séduction, ses souvenirs de jeunesse, mais aussi la condition terrible des ouvriers plongés dans la plus noire des misères, J.A.Martin, lui, surprend une nouvelle dimension de la personnalité de sa femme, qu’il ne soupçonnait pas.
Au terme de leur voyage et des vicissitudes vécues ensemble, leur amour renaît...< /br>
| Le commentaire du jury |
- en français
Le Jury souligne que ce film aborde le problème des relations humaines à l’intérieur du couple en mettant l’accent sur la nécessité de la compréhension et du sens des responsabilités pour un mutuel épanouissement.
- en anglais
The Jury emphasizes that this work treats the problem of human relationships within the couple, putting stress upon the necessity of understanding and of the sense of responsibility for mutual fulfillment.
Les écueils étaient grands dans la narration de l’histoire intimiste d’un anti héros, ni beau, ni laid, tendre et pensif, candide et laconique, et de sa femme désespérément optimiste, passionnée et belle, et éperdument attachée à ses enfants. Jean Beaudin se sort de cette épreuve en virtuose. Le voyage à la recherche d’un ton perdu ressemble à la quête d’un Graal qui serait l’harmonie fanée de l’amour, et cette quête est délibérément sensuelle et silencieuse.
Sensuelle, par le fait que tous les sens y participent, la vue, avec la beauté des images, I’ouie, avec l’ardente signification des silences). C’est le silence obstiné de J.A.Martin qui provoque ce départ, commun ; c’est le silence qui les accompagne tout au long de leur randonnée. Le héros semblerait avoir pris comme devise :"C’est souvent sous des épaisseurs de silence le coeur parle". Les Martin redécouvrent ensemble que l’amour ne leur est pas dû, distribué à domicile comme l’eau et le gaz, sans qu’ils n’aient pas à bousculer de vieilles habitudes.
Cette révélation est un émerveillement pour le spectateur et s’accomplit sans ratiocination ni mélo.
B.M.
| APPRECIATION de l’O.C.F.C. |
OEuvre soignée malgré quelques lenteurs. Prise de conscience d’une femme qui
sauve son foyer de l’indifférence et de la monotonie.
Voir la fiche sur le prix oecuménique ex-aequo, La Dentellière








