Né en 1963 Adrian Baccaro a bâti une carrière à la croisée de l’enseignement, de la production et de la communication sociale. Président de SIGNIS Argentine jusqu’en 2025, puis secrétaire exécutif, il est un chercheur et éditeur reconnu pour son travail sur les droits de l’enfant et l’éducation aux médias. Expert de secteur de l’animation et des industries culturelles, il apporte régulièrement son regard de spécialiste aux jurys des festivals de Venise, Saint-Sébastien ou La Havane, tout en partageant ses analyses dans ses nombreux ouvrages dédiés au cinéma.
Comment le cinéma influence-t-il votre regard sur le monde ?
Le cinéma m’a profondément influencé depuis mon plus jeune âge, je dirais dès l’âge de 11 ans environ. Tout d’abord, parce qu’il m’a apporté une éducation émotionnelle, que ce soit à travers des films d’art et d’essai ou des films grand public. La littérature, l’histoire, les expériences de vie, les crises conjugales, etc. ; tout cela m’a appris à vivre et a façonné mes idées, en m’inspirant des œuvres de grands réalisateurs. Enfant, j’étais attiré par les affiches du prix de l’OCIC. Cela a eu une influence majeure sur mon amour du cinéma et sur ma vision du monde politique, sociale et spirituelle.
Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’un film mérite un Prix œcuménique ?
Au-delà de sa qualité artistique et de son originalité – c’est-à-dire le fait de posséder une structure dramatique qui vous touche du début à la fin tout en vous invitant à la réflexion –, je pense qu’il est essentiel que l’œuvre primée aborde des questions urgentes liées aux problèmes sociaux les plus pressants : la paix, l’égalité, le dialogue interculturel et l’humanisme.
Y a-t-il un film, un livre ou une œuvre d’art qui a fait vaciller vos certitudes ou qui a radicalement changé votre façon de voir la vie ?
J’ai tendance à citer l’ensemble de l’œuvre d’Andreï Tarkovski et de Krzysztof Kieślowski. Je pense au premier parce qu’il a ancré en moi une perspective contre-culturelle dès mon adolescence, mais je trouve que cela entre en tension avec un cinéma plus populaire et existentialiste. Cependant, je vais également mentionner deux cinéastes argentins qui me représentent dans une perspective décolonisatrice et latino-américaine : Leonardo Fabio et Pino Solanas. De Chronique d’un enfant solitaire à L’Exil de Gardel. Si vous ne les connaissez pas, je vous laisse le soin de les découvrir.
Retrouvez la bio de Adrian Baccaro
Born in 1963, Adrian Baccaro is a social communicator, teacher and audiovisual producer. He is a researcher and publisher specialising in media education, audiovisual media for children and children’s rights, cinema and education, the animation industry and cultural industries (audiovisual sector). President of SIGNIS Argentina until 2025 and currently its executive secretary, he has served as a jury member at numerous festivals (Venice, Havana, San Sebastian, etc.) and is the author of several books on cinema and communication.
How does cinema influence your worldview ?
Cinema has significantly influenced me since I was very young, I’d say around 11 years old. First, because I received an emotional education, whether through art films or mainstream movies. Literature, history, life experiences, marital crises, etc. ; everything taught me how to live and shaped my ideas, based on the works of great directors. As a child, I was drawn to posters for the OCIC award. That was a major influence on my love of film and my political, social, and spiritual worldview.
In your opinion, what makes a film worthy of an ecumenical award ?
Beyond its artistic quality and originality—that is, having a dramatic structure that impacts you from beginning to end and simultaneously allows you to reflect—I think it’s essential that the award-winning work addresses urgent issues related to the most pressing social problems : peace, equality, multicultural dialogue, and humanism.
Is there any film, book, or work of art that has shaken your certainties or radically changed your way of seeing life ?
I tend to say the entire body of work of Andrei Tarkovsky and Krzysztof Kieslowski. I think the former because it established a countercultural perspective in me from my adolescence, but I find that in tension with a more popular and existentialist cinema. However, I’m also going to mention two Argentine filmmakers who represent me in a decolonizing and Latin American perspective : Leonardo Fabio and Pino Solanas. From Chronicle of a Lonely Child to Gardel’s Exile. If you’re not familiar with them, I’ll leave them as homework.
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