Primary Menu

We are aliens

Un Monde entre nous (Wareware wa Uchuujin)
Quinzaine des Cinéastes
We Are Aliens

Nationalité : Japon, France
Genre : Animation
Durée : 1h57
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Kohei Kadowaki
Acteurs principaux : Ryota Bando, Amane Okayama

"Hé — et si je te disais que j’étais un extraterrestre ?" Dans une petite ville japonaise, la trahison silencieuse d’un garçon ordinaire déclenche une chaîne d’événements qu’il passera le reste de sa vie à tenter d’oublier.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Autour d’un sujet limpide le cinéaste japonais brode un film d’une grande virtuosité formelle. C’est le premier film onirique et très réussi du jeune réalisateur japonais Kohei Kadowaki : un récit doux et contemplatif.
Ce récit de l’amitié accidentée de deux garçons évoque de nombreux films d’animation japonais ayant pour cadre l’école. Ce jeune cinéaste de 29 ans marche sur les traces de Hirokazu Kore-eda. Comme dans L’Innocence, grand film sur une affinité élective entre deux camarades de classe, Kohei Kadowaki décortique la façon dont l’amitié, que l’on croit immaculée, peut vriller à la perversion, scellant pour l’éternité des dynamiques affectives précoces.
Kadowaki fait le pari de l’étrangeté, de l’hybridité formelle. Son animation, dense et ultra dynamique se métamorphose au fur et à mesure de l’avancée du métrage, et contrairement à un film d’animation classique, adopte un style proche de la rostocopie, mêlant réalisme et esthétique animée.
Signalons que derrière ce titre énigmatique ce film interroge moins les extra terrestres que le lien humain et le passage du temps.


Remarquable et brillant premier film d’animation long métrage (1h57) du jeune réalisateur (29 ans) Kohei Kadowaki au réalisme appuyé par une technique de dessin à la main et de rotoscopie. Cette hybridation formelle permet au spectateur une meilleure incarnation des personnages principaux par le graphisme original des visages, au style parfois grotesque des mangas japonais, en référence probable à ceux de Miyazaki et par le réalisme des corps et paysages, plaçant plus intimement le spectateur en situation. Là, le clin d’œil à Kore-eda est perceptible mais avec une étrangeté toute personnelle - sous tendue par des allégories, des mythes et métaphores - et ça fonctionne !
Les thématiques exploitées dans le scénario sont universelles car portées par un récit qui fait référence au vécu de notre enfance et dans nos expériences. Les dynamiques affectives précoces en amitié, amour et haine structurent notre personnalité d’adulte en devenir et rejaillissent ultérieurement, telles des diables sortant de la boite lors d’ambiances situationnelles amplificatrices à l’âge de raison.
Le rythme scénaristique est soutenu par la construction du récit non linéaire en trois périodes : la petite enfance, la pré-adolescence/adolescence et l’âge adulte, la deuxième période étant scindée en deux comme les protagonistes Tsubasa et Gyotaro qui se lient d’amitié élective, partagent des points de vue croisés et finissent dans la séparation et l’indifférence : vibrations émotives et choc artistique garantis.