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Ulya

Uļa
Un Certain Regard
Ulya

Nationalité : Lettonie, Estonie, Pologne, Lituanie
Genre : Biopic, Drame
Durée : 1h42
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Viesturs Kairiss
Acteurs principaux : Kārlis Arnolds Avots, Alise Dzene, Dārta Cīrule

Biopic sur Uļjana Semjonova, joueuse de basket-ball soviétique d’origine russe qui a fait de son acromégalie une force.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Ouliana Semionova était l’une des plus grandes championnes de basket de tous les temps. Le réalisateur letton s’inspire de son parcours pour un film de style impressionniste loin du biopic classique. On ne trouvera aucunement ici le genre d’images documentaires auxquelles le sport nous a habitués !
Dans un style poétique, Ula raconte l’histoire d’une solitude, la difficulté d’être trop grand, trop adulé, trop recherché, d’être un individu à part. Le scénario prend le temps de raconter sa famille aimante, l’inquiétude pour sa grande taille, l’attachement d’Ulya à sa campagne natale, au soin des animaux pour aider ses parents éleveurs. Par contraste, un dépaysement total marque ses débuts dans l’équipe, elle est « mise à part ». Son visage dérange, elle ne court pas comme les autres, ne s’intègre pas, elle subit des pressions qu’on ne devrait connaître qu’à l’âge adulte. L’accès à la notoriété ne se fera pas sans retour en arrière…
La pellicule format 4/3 noir et blanc – il faut laisser de la hauteur à cette héroïne ! - révèle une photographie extrêmement travaillée avec une granulométrie étonnante, des moments sombres ou lumineux, et de nombreux flous fantomatiques qui séquencent le scénario et reflètent le trouble dans lequel se trouve Ulya. Étonnant, et très beau !


Une photo magnifique pour un film en noir et blanc original par son format 4/3. Le réalisateur est letton et nous sommes aux confins de la Russie, dans une ferme à l’écart au sein d’une famille aimante. La caméra va nous montrer subtilement les tourments de cette jeune fille géante qui va tenter l’expérience de partir à la ville. La question de fond est posée d’emblée : où s’en va ma jeunesse ?
La tempête extérieure comme intérieure va faire place petit à petit à des zones d’ombre, du flou... pour enfin choisir sa vie.
La narration est délicate, emprunte de poésie lue à plusieurs reprises.
La famille comme les coachs vont soutenir Ulya pour qu’elle puisse faire le meilleur choix afin d’accepter son corps et trouver sa place.
Le réalisateur rend ainsi hommage à une vraie joueuse de basket. Les gestes de la basketteuse répétant ce qu’elle apprend sur une rivière gelée, résonne comme une danse, ajoutant encore à la poésie de l’ensemble. Tout choix reste un dilemne !