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Tin Castle

Irish Travellers
Semaine de la Critique
Tin Castle

Nationalité : Irlande, France
Genre : Documentaire
Durée : 1h45
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Alexander Murphy
Acteurs principaux :

Le long d’une route oubliée, la famille O’Reilly vit dans une vieille caravane échouée au milieu des champs. Pa, Lisa et leurs dix enfants traversent les saisons dans ce fragile château de tôle, héritiers d’un mode de vie en sursis. Menacés d’expulsion, leur équilibre de fortune vacille mais ils résistent, fidèles à leurs traditions. Les enfants rient, les chiens aboient, la caravane tient encore, mais pour combien de temps ?


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Tim castle ne dévoile jamais son identité de film documentaire. Il nous plonge en effet de façon sensible et poétique dans l’univers d’une famille de 10 enfants, nous faisant partager ses joies et ses peines, délivrant un regard tendre qui déjoue les clichés sur les gens du voyage.
Le premier plan du film s’attarde longuement sur la porte du mobil home, balançant au gré du vent comme la vie avec ses hauts et ses bas. Le format "carré" de l’image évoque l’exiguïté des lieux, la narration n’élude pas les vicissitudes de cette vie marginale, que ce soit le manque d’argent, les pannes du générateur, le besoin d’un logement moins vétuste. Des signes de malveillance parviennent de l’extérieur, les menaces surtout : l’installation est illégale et le père a des démêlés avec la justice.
Mais ce qui domine de bout en bout, c’est l’harmonie familiale, la vitalité des enfants, leur simplicité, leur sourire. Le grand air, la proximité de la nature et des animaux seraient-ils une source profonde d’équilibre ? Ce qui est sûr c’est que la transmission se prépare : « Ma vie c’est les chevaux et les chiens » affirme le plus grand. Et l’on se délecte d’images de trot attelé sur une petite route au milieu de la verte campagne irlandaise.


« Je serai un traveller jusqu’à la mort » déclare haut et fort le principal protagoniste. C’est ce que nous démontre le réalisateur Alexandre Murphy qui a réussi à s’immerger au cœur de la famille O’Reilly. C’est dans un Mobil home où vivent le père, la mère, leurs cinq filles et leurs cinq garçons, qu’ils ont été filmés à cours des saisons avec tendresse et poésie.
Le père s’occupe de l’élevage de chevaux trotteurs et de lévriers. Les enfants vont à l’école, les aînés travaillent. Les difficultés des travellers, population marginalisée, à être intégrée dans la société irlandaise est bien présentée.
Mais ce qui compte le plus pour les O’Reilly c’est la fierté d’être traveller, la transmission des traditions, une solidarité sans faille, l’esprit de famille et leur fierté, comme en atteste l’échange entre le père et le fils aîné.Dans leur vie quotidienne, la transmission est à la fois intragénérationnelle et intergénérationnelle. Le réalisateur magnifie cette famille, il montre la spontanéité et l’énergie des enfants ainsi que les préoccupations des parents.
Par une approche pudique et par petites touches, le réalisateur photographie une famille empathique.


Le réalisateur irlandais Alexander Murphy - après son au delà de Katmandou qui nous dépeignait une famille népalaise - revient sur son île natale pour nous faire vivre quelques mois avec une famille de Voyageurs sédentarisés, installée sur le bord d’une voie rapide dans un mobile home. Fondue au sein de la famille O’Reilly, sa caméra nous fait découvrir la vie quotidienne de cette famille de 10 enfants. Les premières images donnent l’impression d’une véritable ruche, les enfants entrant et sortant comme des abeilles et la mère, reine de cette ruche, organisant tout au doigt et à l’œil. Le père lui, gère avec les ainés, l’élevage de chevaux trotteurs et de lévriers chasseurs de lièvres. Ce film montre bien les difficultés pour ces marginaux à être intégrés à la société irlandais, car comme le dit un jeune, ils seront toujours les BFF, Best Fucking Friends.
Ce beau documentaire nous offre des vues magnifiques sur la campagne irlandaise.
C’est une véritable ode à la famille et à la transmission : l’échange entre le père et le fils aîné partageant leur fierté réciproque et les scènes d’enseignement de la chasse d’un plus âgé à un plus jeune, en sont les plus beaux exemples. Ce Tin castle, "château de fer-blanc" en français est l’écrin de l’amour familial, quoi qu’il en soit des conditions de vie.