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Tilaï

Cannes Classics
Tilaï

Nationalité : Burkina Faso
Genre : Drame
Durée : 1h23
Date de sortie : Date de sortie inconnue
Réalisateur : Idrissa Ouedraogo
Acteurs principaux : Rasmané Ouédraogo, Roukietou Barry, Ina Cissé

Quand Saga rentre au village après une longue absence, il découvre que son père a épousé Nogma, sa fiancée. Selon les coutumes, cette union n’a rien d’anormal. Saga aurait dû l’accepter et il n’y aurait pas eu de drame. Or il refuse cette situation, car son amour pour Nogma est plus fort que tout. Saga et Nogma vont lutter contre les règles imposées par la société et oser affirmer amour et désir de liberté contre la loi...


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Restaurer cet opus incontournable d’Idrissa Ouedraogo, Grand prix du jury au festival de Cannes en 1990, devenait une nécessité : c’est chose faite.
En effet le réalisateur Burkinabé, aujourd’hui disparu, défendait l’idée que la culture africaine était une composante essentielle de l’humanité qui est une et non une association de races, clans, nations : le message, s’il y a, est la validité de l’anthropologie universaliste, d’où son peu d’intérêt pour l’aspect exotique ou ethnographique en tant que tels dans ce film.
Saga, revient dans son village après deux années d’absence pendant lesquelles il avait confié sa future femme, Nogma à son clan ; pendant cette absence, Nogma devient la 2e épouse de son père après avoir répudié sa mère. A son retour, un amour sincère et réciproque se recrée avec Nogma. Il n’en faut pas plus dans cette petite société villageoise pour que la Tilaï, la loi du groupe s’applique : la mort par les mains de son frère pour inceste. Se déroule alors une série d’événements structurant un épilogue Racinien.
Le fond de cette fable, dont l’origine pourrait être une antique tragédie Grecque, permet aussi à la forme de se positionner, dans le temps, par la lenteur de la dynamique du récit et dans l’espace par la beauté formelle des paysages à la minéralité rude, exprimant la densité émotionnelle face à la loi. Reste au spectateur à apprécier la manipulation, par le cinéaste, des scènes métaphoriques pour que le choc esthétique se produise et fasse, de ce film, son grand œuvre.