Nationalité : Belgique, France, Mexique, Costa Rica
Genre : Drame
Durée : 1h45
Date de sortie : 30 septembre 2026
Réalisateur : Valentina Maurel
Acteurs principaux :
De retour au Costa Rica après des études en Europe, Elsa retrouve sa petite sœur Amalia, seule dans la maison familiale. De plus en plus insaisissable, celle-ci semble enfermée dans des croyances ésotériques. Elsa essaie d’alerter leurs parents, mais ni le père, trop occupé par ses nouvelles conquêtes, ni la mère, absorbée par la réédition des poèmes érotiques de sa jeunesse, ne semblent prendre la mesure de la situation. Le retour d’Elsa engage les trois femmes à interroger leur lien indéfectible.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
19 mai 2026
Elsa, 28 ans, formée à la culture rationaliste européenne du fait de ses études en Belgique, a l’impression, en retrouvant sa famille dysfonctionnelle au Costa Rica et en parcourant la cité de son enfance San José, de vivre un vertige hallucinatoire : sa soeur Amalia, punk tatouée héberge un groupe d’individus marginaux, entend des voix et partage des croyances chrétiennes et animiste comme une bonne partie de la société Costaricienne.
De plus, son égocentrique mère ne se préoccupe que de la publication de son premier recueil de poésie, de sa plastique corporelle et semble ambiguë sur le comportement d’Amalia. Quant au père, bourgeois bohème, il ne porte d’intérêt qu’à sa nouvelle et jeune conquête, ne se sentant pas concerné par sa famille.
En crise existentielle et probablement enceinte, Elsa voulait ce retour comme définitif, désirant par là se détacher de son compagnon en Belgique tout en continuant à l’aimer. De ces observations, elle change de position et décide de prendre le chemin inverse, vers la Belgique. La cinéaste explore la thématique des déracinés, des cultures multiples et des translations opérées par ces anywhere terme utilisé par le sociologue politique Goodhart pour signifier les mondialistes face aux somewhere, « ceux d’ici », « les Ploucs », représentés par sa sœur Amalia. Elle ne nous apporte pas de préférences mais semble montrer qu’elle penche vers l’idée qu’une humanité multiculturelle préserve l’humanité plutôt qu’une société uniforme et relativiste : film anthropologique et bien illustré, intéressant par notre implication.
18 mai 2026
Ce film dresse le portrait d’une famille dysfonctionnelle et pourtant bien liée que nous découvrons à travers le regard d’Elsa, jeune étudiante récemment rentrée d’Europe.
Dès les premiers instants, nous sommes submergés par une agitation incessante : la ville bruyante et embouteillée, la maison familiale où vit sa sœur Amalia encombrée et insalubre, l’appartement de sa mère Isabel ou celui de son père saturés de livres, d’objets à l’image de l’état psychologique comme si chacun était submergé. A l’inverse, on s’étonne de l’appartement épuré et silencieux ou du frigidaire désespérément vide chez Elsa ! A leur manière chacun se perd, Amalia dans ses visions, la mère dans ses poèmes érotiques, le père dans ses conquêtes amoureuses et Elsa dans sa construction affective. Mais au-delà des désordres, la réalisatrice creuse le sillon des liens entre eux . "On ne fait pas des films pour se retrouver mais pour se perdre".








