Nationalité : France, Belgique
Genre : Epouvante-horreur
Durée : 1h43
Date de sortie : 28 octobre 2026
Réalisateur : Marion Le Corroller
Acteurs principaux : Mara Taquin, Karin Viard, Kim Higelin
Margot débute son internat aux urgences, où elle peine à s’adapter. Très vite, elle fait face à des patients de son âge aux symptômes inexpliqués. La récurrence de ces cas exceptionnels l’interroge, d’autant qu’elle observe, sur son propre corps, des manifestations de plus en plus inquiétantes…
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
17 mai 2026
Indéniablement cette jeune interne a la vocation chevillée au corps ! Et des corps qu’elle ausculte, elle tire la conclusion que des manifestations bizarres, relevant d’une éventuelle maladie rare, requièrent des examens beaucoup plus approfondis, et ce d’autant qu’elle-même est concernée par des écoulements de sang, d’où le titre.
Mais au-delà de cette débauche d’hémoglobine (rouge sang et couleurs saturées), les éclairages intenses ne favorisent pas la décontraction. Quant aux scènes qui se succèdent avec une cadence infernale, elles font écho à la pression qui règne dans un hôpital : nombre de patients à traiter avec des moyens humains limités, etc. Nous sommes maintenus en alerte constante. Heureusement la mise en scène de cette fiction horrifique déclenche aussi le rire. Toutefois, rapidement confrontés aux symptômes induits par une charge de travail excessive dans un monde professionnel où les médecins doivent faire face à des exigences de plus en plus irréalisables, le burn-out des jeunes individus devient la norme. Alors l’idée que la mutation physiologique, par des biais cognitifs également, soit destinée à améliorer leurs performances émerge.
C’est angoissant, terrifiant mais terriblement d’actualité. Et la transfiguration cette fois, ne se fait pas dans le sens christique. Âmes sensibles s’abstenir.
17 mai 2026
Avec son aiguille des secondes qui s’emballe jusqu’à l’absurde, « Sanguine » adresse un clin d’œil évident aux « Temps modernes ». Mais la mécanique chaplinienne a changé de siècle : ce ne sont plus seulement les corps que le travail broie, ce sont les rythmes biologiques, les désirs, la possibilité même de vivre. Le film pousse la métaphore très loin, parfois trop loin : il n’avait sans doute pas besoin de tant de gore pour faire sentir la violence de cette « performancite », maladie contemporaine qui adapte les jeunes à un tempo et à une charge de travail proprement inhumains.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : produire, accélérer, tenir, optimiser — jusqu’à ce que l’existence devienne un simple effet secondaire de l’emploi du temps. Même la génération suivante en porte les stigmates : des enfants difformes, privés d’organes sexuels, que le personnage principal interprète comme des sortes de mulets humains, aptes au travail mais soustraits à la procréation. Vision cauchemardesque d’une ère qui ne voudrait plus des humains que leur force utile, débarrassée de tout avenir.
Et puis le film trouve sa pirouette finale : les personnes âgées occupent tous les postes, mais à leur rythme. Après l’horreur productiviste, une utopie modeste, presque insolente : ralentir. Vive les vieux !








