Nationalité : République tchèque, Espagne
Genre : Documentaire
Durée : 1h35
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Pegah Ahangarani
Acteurs principaux :
À travers cinq portraits de ses proches, autant de figures de résistance, Pegah Ahangarani trace le récit intime de sa vie. Puisant dans ses archives personnelles, vidéos familiales, images de manifestations, articles de presse et enregistrements sonores, elle traverse plus de quarante années d’histoire de l’Iran. Des premiers élans de 1979 jusqu’à la guerre déclenchée en 2026, elle tisse un dialogue entre mémoire individuelle et histoire collective, dressant le portrait d’un pays marqué par la répression politique mais porté sans relâche par le désir de liberté et l’espoir d’une révolution.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
18 mai 2026
Ce sont plus de 40 années de l’histoire de l’Iran à partir des dernières années du règne du Shah jusqu’à la guerre actuelle, qui sont déclinées dans la réalisation de ce documentaire ; dans la forme mais pas dans le fond, car en fait la réalisatrice, Pegah Ahangarani, nous fait partager sa vie intime au travers de cinq personnages qui lui sont affectivement très liés et qui structurent sa vie comme son père - d’abord partisan de la révolution khomeyniste puis patriote volontaire héroïque dans la guerre Iran/Irak et enfin opposé au régime des Mollahs depuis la mort de son ami par la police des gardiens de la révolution - et sa fille, qu’elle voit grandir dans leur exil. C’est révoltant et émouvant et cela nous renvoie à nos réflexions et actes supposés dans une situation similaire.
Pour ce faire, elle utilise photographies, vidéos, articles de journaux, enregistrements audio et elle parvient par son talent à nous convaincre, en nous faisant partager ses sentiments, son vécu, ses peurs, ses doutes et ses joies.
Au delà de sa démarche idéologique contestataire au régime répressif des mollahs, nous comprenons que la cinéaste veut nous dévoiler son humanité et son optimisme en l’avenir avec cette phrase : "le jour qui point est un beau jour."
17 mai 2026
Ce documentaire est raconté à la première personne par la réalisatrice, guidée par l’admiration qu’elle voue à cinq personnes de son entourage et l’amour de son pays. Le ton est intime ou passionné, ironique ou poétique parfois, rarement journalistique. Les images sont ce qu’elles sont, mais sa force est de parler avec le cœur. C’est passionnant et bouleversant.
La mémoire de son père offre un point de vue inattendu sur la révolution de 1979. Un désir profond de changement donnait lieu à des manifestations répétées. Khomeini était alors populaire, n’en déplaise au reste du monde… Bien sûr, les foules qui l’ont porté au pouvoir dans la liesse déchanteront quelques années plus tard.
Avant les manifestations que nous avons connues en ce début d’année 2026, l’Iran a connu deux autres mouvements populaires massifs, l’un en 1999, le second en 2009. A chaque fois le sang a coulé, de plus en plus fort semble-t-il.
Dédiée à sa très jeune fille Lily, la dernière séquence est d’une émotion rare. Elle a été complètement remaniée suite à la répression de janvier 2026 et aux bombardements israélo-américains d’avril. Bruisse en elle la culpabilité de n’avoir pas été là : "Plus Téhéran est blessée plus elle me manque" Dès lors, quelle fin donner à son film ? Peut-on encore regarder l’avenir du pays avec espérance ?








