Nationalité : Japon, France
Genre : Drame
Durée : 1h50
Date de sortie : 7 octobre 2026
Réalisateur : Kôji Fukada
Acteurs principaux : Takako Matsu, Shizuka Ishibashi, Kenichi Matsuyama
Yuri, architecte divorcée, rend visite à son ancienne belle-sœur Yoriko, sculptrice installée dans le village de Nagi. Ce séjour, d’abord envisagé comme une simple parenthèse, prend une tournure inattendue lorsque Yuri accepte de poser pour elle. Au fil des séances, les silences se peuplent de souvenirs, et un lien profond, longtemps enfoui, ressurgit entre les deux femmes. Loin de l’agitation de Tokyo, Yuri se laisse gagner par la douceur du quotidien rural et la vie des habitants. Les jours passent, comme si quelque chose, ici, l’invitait à rester.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
16 mai 2026
Récompensé en 2016 par le prix du jury de la section Un Certain Regard pour Harmonium et par le label Cannes 2020 pour The Real Thing, Fukada Koji, réalisateur japonais de la nouvelle génération revient en compétition avec ce film méditatif et poétique.
Au fil des jours égrenés sur un calendrier Yuri, venue de Tokyo rendre visite à son ex belle-sœur Yoriko, goûte le rythme simple et quotidien des habitants de Nagi.
Ces deux femmes, très différentes dans leur mode de vie et leur caractère, vont s’apprivoiser pour ne plus se quitter tandis que Yuri propose à Yoriko de poser pour elle. Alors Yoriko replonge dans son univers d’artiste et de créatrice tandis qu’elle enfouie ses morts, ses remords, ses déceptions amoureuses dans des sculptures en bois. En quête de sérénité après son divorce, Yuri, sage et lumineuse vient apporter son regard perspicace et réfléchi aux âmes intranquilles de ce village qui finit par la séduire et l’adopter.
Un film délicat et subtil porté par deux actrices exceptionnelles, Takako Matsu et Shizuka Ishibashi.
15 mai 2026
Quelque chose comme un havre de paix nous attend à Nagi. Avec cette chronique sentimentale, le réalisateur dépeint les choses par petites touches, avec calme. Prenant son temps, il décrit minutieusement le travail de la sculpture, le passage de l’argile au bois, l’ajustement des traits. La beauté des paysages participe au charme du film.
A travers les retrouvailles de la sculptrice et de son ex belle-sœur, l’appréhension d’un départ pour deux jeunes garçons, Koji Fukada est sensible aux tentatives, aux hésitations, aux tâtonnements. Les séances de pose rythment le film. Les deux femmes évoquent leur itinéraire respectif, se livrent, échangent. Elles doivent combler les manques de leur vie : ceux de parents disparus, du souvenir douloureux d’un amour de jeunesse, d’un frère et ancien mari distant, de l’absence d’enfants. Ces deux relations nous parlent d’art, de regrets, d’espérances. Le cinéaste semble dire que l’intérêt de l’art réside dans le processus, dans le partage entre l’artiste et son modèle.
Film subtil sur l’émancipation et la création, le film évoque le rapport à l’art, à l’amour, à la solitude et au monde du travail. Le cinéaste nous donne la possibilité de trouver le beau, le vrai, en touchant physiquement ou émotionnellement l’objet de l’ œuvre.








