Nationalité : Japon, France
Genre : Drame
Durée : 1h50
Date de sortie : 7 octobre 2026
Réalisateur : Kôji Fukada
Acteurs principaux : Takako Matsu, Shizuka Ishibashi, Kenichi Matsuyama
Yuri, architecte divorcée, rend visite à son ancienne belle-sœur Yoriko, sculptrice installée dans le village de Nagi. Ce séjour, d’abord envisagé comme une simple parenthèse, prend une tournure inattendue lorsque Yuri accepte de poser pour elle. Au fil des séances, les silences se peuplent de souvenirs, et un lien profond, longtemps enfoui, ressurgit entre les deux femmes. Loin de l’agitation de Tokyo, Yuri se laisse gagner par la douceur du quotidien rural et la vie des habitants. Les jours passent, comme si quelque chose, ici, l’invitait à rester.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
23 mai 2026
C’est par un film longuement infusé, épuré, intimiste et naturaliste que le cinéaste japonais, nous invite à entrer dans son monde, celui de l’absence et de la solitude ancrées dans la réalité quotidienne. L’atmosphère est au recueillement, au calme, à la sérénité, propices au retour sur soi, comme le font les deux héroïnes, qui pour se préserver sont dans les non-dits. Une souffrance cachée, une sourde violence se cachent dans chacune d’elle. Yorico fait à Yuri la proposition de devenir son modèle, permettant un dialogue libre, simple, qui libère leurs peurs et ressentiments enfouis, comme une maïeutique libératrice. De ce fait, Fukuda propose au spectateur l’introspection en inversant la tendance japonaise des ruraux qui fuient la campagne pour l’enfer de la capitale et en faisant « émigrer » Yuri de la ville vers la campagne, afin de trouver un remède à sa solitude. La destruction de la face de la sculpture de Yuri par Yorico, est la métaphore du besoin d’une nouvelle vie plus épanouissante et une invitation à détruire le passé. Cette invitation nous parle car la recherche de sens à notre vie finit un jour par nous rattraper.
Très beau film, très Rohmérien.
16 mai 2026
Récompensé en 2016 par le prix du jury de la section Un Certain Regard pour Harmonium et par le label Cannes 2020 pour The Real Thing, Fukada Koji, réalisateur japonais de la nouvelle génération revient en compétition avec ce film méditatif et poétique.
Au fil des jours égrenés sur un calendrier, Yuri, venue de Tokyo rendre visite à son ex belle-sœur Yoriko, goûte le rythme simple et quotidien des habitants de Nagi.
Ces deux femmes, très différentes dans leur mode de vie et leur caractère, vont s’apprivoiser pour ne plus se quitter tandis que Yuri propose à Yoriko de poser pour elle. Alors Yoriko replonge dans son univers d’artiste et de créatrice tandis qu’elle enfouit ses morts, ses remords, ses déceptions amoureuses dans des sculptures en bois. En quête de sérénité après son divorce, Yuri, sage et lumineuse vient apporter son regard perspicace et réfléchi aux âmes intranquilles de ce village qui finit par la séduire et l’adopter.
Un film délicat et subtil porté par deux actrices exceptionnelles, Takako Matsu et Shizuka Ishibashi.
15 mai 2026
Quelque chose comme un havre de paix nous attend à Nagi. Avec cette chronique sentimentale, le réalisateur dépeint les choses par petites touches, avec calme. Prenant son temps, il décrit minutieusement le travail de la sculpture, le passage de l’argile au bois, l’ajustement des traits. La beauté des paysages participe au charme du film.
A travers les retrouvailles de la sculptrice et de son ex belle-sœur, l’appréhension d’un départ pour deux jeunes garçons, Koji Fukada est sensible aux tentatives, aux hésitations, aux tâtonnements. Les séances de pose rythment le film. Les deux femmes évoquent leur itinéraire respectif, se livrent, échangent. Elles doivent combler les manques de leur vie : ceux de parents disparus, du souvenir douloureux d’un amour de jeunesse, d’un frère et ancien mari distant, de l’absence d’enfants. Ces deux relations nous parlent d’art, de regrets, d’espérances. Le cinéaste semble dire que l’intérêt de l’art réside dans le processus, dans le partage entre l’artiste et son modèle.
Film subtil sur l’émancipation et la création, le film évoque le rapport à l’art, à l’amour, à la solitude et au monde du travail. Le cinéaste nous donne la possibilité de trouver le beau, le vrai, en touchant physiquement ou émotionnellement l’objet de l’ œuvre.








