Nationalité : France
Genre : Drame, Historique
Durée : 2h10
Date de sortie : 28 octobre 2026
Réalisateur : László Nemes
Acteurs principaux : Gilles Lellouche, Lars Eidinger, Louise Bourgoin
Juin 1943, Jean Moulin, chef de la Résistance, est arrêté alors qu’il tente de réunifier les forces de l’Armée Secrète. Interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, Moulin est entraîné dans une confrontation implacable. Son ultime combat face à la manipulation et la brutalité commence. Le destin de la France libre en dépend.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
20 mai 2026
Les deux acteurs principaux sont époustouflants : Gilles Lellouche en Jean Moulin, Lars Eidinger en Klaus Barbie. Face à face, deux volontés, deux intelligences, deux formes de détermination - deux formes de fidélité aussi - la question etant seulement : fidélité à qui ou à quoi. Le film tient dans cet affrontement tendu, presque nu, où chaque parole devient épreuve, chaque silence stratégie, chaque regard ligne de front.
Comme dans La troisième nuit, la question centrale est peut-être celle de la confiance. À qui faire confiance quand tout peut trahir ? À quoi rester fidèle quand les décisions engagent la vie ou la mort des autres et la sienne propre ? À un réseau, à une cause, à une parole donnée, à une idée de l’homme et de la dignité ? Le film ne répond pas par de grands discours, mais par la tension des corps, la fatigue des visages, l’obstination de ceux qui savent que céder une fois, c’est parfois livrer tout un monde.
Pas besoin d’inventer des monstres venus d’ailleurs, comme dans Hope, ni des humains mutés, comme dans Gun-Che. L’histoire suffit, hélas, à fournir sa matière noire. L’homme vaut à lui-même tous les monstres, mais aussi, parfois, tous les anges de lumière. Et c’est dans cet écart vertigineux que le film trouve sa vraie puissance.
19 mai 2026
En racontant les derniers mois de la vie de Jean Moulin, le réalisateur hongrois László Nemes évite le biopic classique pour livrer un récit tendu et oppressant.
Le film repose sur un face-à-face d’acteurs saisissant. Gilles Lellouche impressionne par sa retenue : un Jean Moulin épuisé, mais porté par une détermination farouche, exprimant l’essentiel dans l’intensité de ses regards et le poids du silence. Face à lui, Lars Eidinger incarne un Klaus Barbie glaçant, maître de la manipulation et du sadisme, dont le calme pervers rend chaque échange encore plus terrifiant. Leur duel psychologique porte toute la tension du film.
La photographie, aux couleurs désaturées et aux décors minutieux, recrée la France occupée avec un réalisme troublant. Nemes signe une mise en scène sobre, parfois fantomatique, où la caméra reste au plus près des visages.
Plus qu’un simple film historique, cette œuvre laisse une empreinte durable : celle d’une mémoire hantée, d’un courage héroïque et d’une époque dont la noirceur continue de résonner longtemps après le générique.








