Nationalité : France
Genre : Documentaire
Durée : 1h22
Date de sortie : Date de sortie inconnue
Réalisateur : Alain Cavalier
Acteurs principaux :
Dernier épisode du journal filmé d’Alain Cavalier.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
25 mai 2026
Alain Cavalier nous livre à 94 ans, ce qui devrait être son dernier film, à partir d’images accumulées quotidiennement depuis des décennies. Il filme tout, ce qui bouge ou non, la nature, les animaux, ses proches, des personnes rencontrées. Cela donne quelque chose d’éclectique et il nous offre une vraie leçon de cinéma, car il commente continuellement ce qu’il tourne. A la question "vous cherchez quoi ?", il répond : "je ne cherche rien. Pas la solution, mais le chemin qui sera la solution en soi." Et plus tard : "je suis à la recherche des premières images de mon enfance sur lesquelles je me suis appuyé pour faire mes films sans le savoir". Et il nous livre de vrais apophtegmes "cavaliéresques" de sa voix grave -avec lyrisme et poésie- à partir d’affichettes en couleur telles que " l’homme descend du songe" ou encore "vos désordres sont désirs".
Pour lui, filmer est une question de santé mentale. Il passe sans cesse de plans larges à des plans serrés et nous enchante par des images qui subliment le quotidien. Il nous offre de véritables professions de foi au cinéma : "Mon Église, c’est le cinéma et, quelquefois je prêche dans le désert et, quelquefois je rencontre des âmes sœurs". Ce beau film en est le témoignage.
18 mai 2026
Dans ce film, Alain Cavalier filme des scènes banales du quotidien qui, peu à peu, se chargent d’une densité inattendue.
À plus de quatre-vingt-quinze ans, il compose un journal fragile, sans intrigue, fait de silences, de visages, d’objets et de paroles suspendues.
Le film avance par fragments, dans une simplicité désarmante. Ces moments partagés peuvent sembler dérisoires, mais en accordant à chaque échange une attention entière, Cavalier fait surgir une profondeur singulière au cœur des instants ordinaires.
Chaque détail porte la trace du temps. Il aborde la maladie, la vieillesse et la mort avec une douceur lucide, souvent ironique, qui évite toute pesanteur mélancolique.
La caméra portée et la lumière crue donnent aux images une authenticité brute et ouvrent une forme de présence silencieuse entre le réalisateur et le spectateur.
Cette lenteur contemplative peut dérouter. Mais c’est dans cette attention obstinée que le film atteint une émotion rare, d’une profonde simplicité humaine, ouvrant la possibilité d’une véritable rencontre, comme le suggère son titre Merci d’être venu.
15 mai 2026
Aucune sélection n’aurait pu mieux convenir à la présentation du dernier film d’Alain Cavalier que la Quinzaine des cinéastes, qui célèbre la liberté, l’audace et la singularité du geste cinématographique.
Depuis la fin des années 1990, Alain Cavalier déploie une œuvre intime, filmant seul, avec une caméra légère.
Merci d’être venu raconte, sur un ton espiègle, le réel, la vie qui s’écoule, les rencontres, les amis, les gens, les jeunes, les vieux, les animaux, les paysages, les villes… Et quand la vie passe, la mort s’invite parfois, mais l’amour, lui, reste toujours.
C’est le récit des quinze dernières années d’un cinéaste de 94 ans, libre et authentique, qui veut transmettre ses émotions comme son plaisir de vivre et de filmer.
Présenté comme le dernier chapitre de son journal cinématographique - « la mise en ordre de mes ultimes envies de filmer », dit-il - Merci d’être venu est peut-être le geste d’un artiste qui quitte la scène et s’offre une sortie discrète, tout en nous remerciant, avec modestie et humour, « d’être venu ». Espérons que ce film magnifique ne soit qu’un au revoir pour celui qui proclame : « Vivre pour filmer, filmer pour vivre ». Finalement, Alain Cavalier n’a peut-être pas encore dit son dernier mot.








