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Marie Madeleine

Cannes Première
Marie Madeleine

Nationalité : Haïti, France, Belgique, Luxembourg, Canada
Genre : Drame
Durée : 1h44
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Gessica Généus
Acteurs principaux : Gessica Généus, Béonard Monteau, Edouard Baptiste

À Jacmel, en Haïti, la mer, les églises et les esprits façonnent la vie. Marie Madeleine est une femme libre. Elle vit de la prostitution et traverse les nuits sans se soumettre aux règles de ceux qui sauvent les âmes. Sa route croise celle de Joseph, un jeune évangéliste. Une relation se noue entre ces deux êtres que tout oppose. Alors que Joseph vacille dans sa foi, Marie Madeleine l’entraîne vers un monde dans lequel désir et quête de liberté ouvrent un espace où tout peut être réinventé.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

La tragédie est au bout du chemin. Et quel chemin que celui emprunté par Joseph, le fils du pasteur, et par Marie-Madeleine qui vit de ses charmes ! Il s’avère semé de situations parfois cocasses, souvent manichéennes mais toujours sous le signe d’émotions violentes, proches du chaos ou éclatantes d’un bonheur fugace.
De l’exaltation des couleurs à la fièvre des sentiments, la réalisatrice fouille au plus près ses protagonistes avec une caméra intrusive et déstabilisante. Certes elle se sert du contexte - la pauvreté, l’école de Jésus (quelque peu dévoyée), les "tontons macoutes", les carnavals de rue - et l’on peine à accompagner ses personnages. Alors, pour nous obliger à la fusion (ou à ce qui n’aurait pu être qu’un voyage onirique), elle crée une bande-son aussi infernale qu’est possible la survie. Grâce aux corps qui dansent, qui flirtent et qui fuient, nous sommes emportés dans une farandole, sorte de respiration haletante, qui au carrefour de la violence et de la tendresse, tente de trouver un sens à une vie qui - apparemment - n’en a pas ou plus.


Le plongeon dans la couleur locale haïtienne est surprenant avec tous ces véhicules arborant un message spirituel, une affirmation sur Dieu.
Voilà donc un film haut en couleurs et construit sur de nombreuses oppositions.
Dès le départ, l’église évangélique qui se construit fait face au bordel. Joseph le bon samaritain de la nouvelle église, va secourir Marie Madeleine la prostituée et une ouverture mutuelle favorise une belle rencontre entre deux mondes que tout oppose.
Pour nous spectateurs, c’est une découverte des dures facettes de la vie haïtienne, aussi bien sur le plan politique et social que sur la diversité spirituelle et culturelle. Certes le fanatisme évangélique semble prendre de l’ampleur mais d’autres formes spirituelles restent bien présentes. La scène de transe sera décisive pour que Joseph prenne du recul et choisisse sa vie. Et la superbe scène finale, avec les deux femmes pour qui Joseph a compté, vient poursuivre cette construction en opposition.