Primary Menu

Le Vertige

Quinzaine des Cinéastes
Le vertige

Nationalité : France
Genre : Animation, Comédie
Durée : 1h07
Date de sortie : 10 juin 2026
Réalisateur : Quentin Dupieux
Acteurs principaux : Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Demoustier

Jacques se rend chez son ami Bruno pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

La nouvelle élucubration de Quentin Dupieux explore le terrain du cinéma d’animation et des esthétiques vidéoludiques. Ce film est un machinima, technique qui repose sur un concept assez simple : la création d’un film à partir d’un univers virtuel, diffusé au cinéma.
OVNI du cinéma français, le réalisateur - qui n’en est pas a une audace près - nous plonge dans une joyeuse parodie, hommage à l’univers visuel des créations internet du début des années 2000, en particulier du jeu de simulation Les Sims.
Avec un sens formidable de l’absurde qui est sa marque de fabrique, Dupieux dévoile une farce drolatique. Il intègre, dans son film, une réflexion sur les dérives de nos civilisations, sur le complotisme, sur les fake news démultipliées par l’intelligence artificielle générative, sur la perte de contact avec la réalité. En détournant les codes du jeu vidéo rétro pour mieux piéger notre société hyperconnectée, le cinéaste livre une farce philosophique lucide sur notre propre aliénation technologique.
Les acteurs et l’absurde déployé rendent le film sympathique. C’est drôle, c’est malin, c’est rythmé, c’est emballé. C’est du Dupieux !


Quentin Dupieux se lance ici pour la première fois dans le film d’animation, pour lequel il s’est fait aider par des étudiants en graphisme. On s’amuse dès le générique. L’enquête menée par les protagonistes, s’appuie sur une liste de « preuves » supposées être des « bugs », plus absurdes les unes que les autres. Le vertige se situe dans les réflexions et suppositions sur la révélation de Jacques, entre suspicion de complot et interrogations métaphysiques de café du commerce (mais qui est derrière tout ça ?). Cette comédie déjantée constitue un court pamphlet (1h07) sur nos addictions aux objets connectés – en particulier pour la génération Z qui a toujours connu le monde avec internet, les smartphones et les réseaux sociaux. Au passage, il dénonce les shows à la Apple, où une foule en délire se dispute à tout prix le dernier gadget sorti, soit-il miroir aux alouettes.
Les dialogues, sur un mode très « cool » sont jubilatoires. L’esthétique des personnages est minimaliste, rappelant des jeux vidéos, mais le film est servi magnifiquement par une équipe d’acteurs de choc (Alain Chabat en Jacques le complotiste naïf, Jonathan Cohen en son ami opportuniste Bruno, Anaïs Demoustier la femme de ce dernier).
Du pur Quentin Dupieux, facétieux, mais plus profond qu’il n’y paraît et qui nous ravit.


Cette année, le prolifique Quentin Dupieux offre à la Croisette deux nouveaux films, dont une curiosité : son premier film d’animation, Le Vertige .
Aller voir un film de Dupieux, c’est s’ouvrir à une expérience singulière, explorer un cinéma qui ne cesse de jouer avec le réel, de le dérégler jusqu’à l’absurde, jusqu’au vertige.
Dans ce court (1h07) film animé, l’image surprend, ne ressemblant en rien aux productions actuelles. Volontairement brute, conçue de façon à évoquer l’esthétique des premiers jeux vidéo sur PlayStation, elle participe pleinement à l’étrangeté et à l’aspect humoristique du récit tout en donnant au film un aspect artisanal au sens le plus noble du terme.
Le duo formé par Alain Chabat et Jonathan Cohen, qui prêtent leurs traits et leur voix aux deux personnages principaux, fonctionne à merveille. Ils servent avec brio des dialogues qui font mouche.
Le Vertige réjouira assurément ceux qui partagent avec son auteur un humour décalé et le goût de l’absurde.