Nationalité : France, Belgique
Genre : Drame
Durée : 1h38
Date de sortie : 9 septembre 2026
Réalisateur : Charline Bourgeois-Tacquet
Acteurs principaux : Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling
Gabrielle, 55 ans, se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu’une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
16 mai 2026
C’est une vie racontée en 11 chapitres comme 11 vies en une !
Sur fond d’hôpital public et de ses dysfonctionnements, le sujet central du film est bien la vie de Gabrielle, femme mûre, interprétée si justement par la magnifique Léa Drucker. Caméra à l’épaule, nous la suivons dans sa voiture, dans les couloirs de l’hôpital jusqu’au bloc opératoire, chez sa mère malade ou dans son appartement. Les appels incessants de son téléphone nous donnent une impression d’étourdissement.
Partout où elle passe, elle semble être "un phare" pour ses proches ; c’est ce que lui dit son adjoint à l’hôpital qui pourtant va la lâcher. Compétente et visionnaire, cheffe de service et cheffe de chantier - "on fait tout ici" - belle-mère, tuteure, et même bénévole pour aider l’Ukraine ! elle accuse les coups et persévère. Son surnom est Robocop. Elle dit qu’elle n’a pas le choix, les autres comptent sur elle. Mais finalement que recherche -t-elle vraiment ? Car en réalité elle ne cesse de gérer avant de pouvoir être. Elle semble sentimentalement bien fragile dans son couple, devant son beau-fils ou face à sa mère.
Un des chapitres se nomme "Non" et pourtant elle finira par lâcher un "Oui" dans une aventure amoureuse avec une écrivaine, le temps d’une autre respiration.
Le temps seulement.
15 mai 2026
Le titre résume à lui tout seul le film : effectivement il s’agit de la vie d’une femme, Gabrielle, quelques années en vérité, découpée intelligemment en onze chapitres. On y découvre sa vie professionnelle, chirurgienne en réparation faciale, sa vie familiale, une mère atteinte de la maladie d’Alzheimer et un beau-fils avec sa bande de copains trois fois par semaine à la maison ; sans compter sa vie amoureuse : un remariage avec un homme qui l’aime mais qui a de plus en plus souvent du mal à la supporter. Parfois exaspérée mais toujours stoïque face aux situations, elle se sent en charge de tout ce petit monde, peut-être pour ne pas se retrouver face à elle-même. Elle va d’ailleurs jusqu’à s’investir dans une mission humanitaire en Ukraine. Fuite ou conviction ? Entre les travaux, les ados, les textos, les tensions et les coupes budgétaires, elle croit gérer. Mais en fait, elle a besoin d’air pour ne pas craquer et on la comprend tant le jeu de Léa Drucker est toujours parfait. Elle va trouver cet espace de liberté avec une femme, une romancière venue l’observer au bloc opératoire pour écrire son livre. Qui peut l’en blâmer ? Elle l’aime mais la vie en aura voulu autrement. Elle qui se veut anti-conformiste, engagée et sans enfant, elle se réconfortera finalement sur l’épaule de son mari, sa sécurité, sa stabilité. C’est beau !








