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La Vénus électrique

Hors compétition
La Vénus électrique

Nationalité : France, Belgique
Genre : Comédie, Romance
Durée : 2h02
Date de sortie : 12 mai 2026
Réalisateur : Pierre Salvadori
Acteurs principaux : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche

Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule...


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Comédie romanesque et burlesque, qui se décline sur le mode « tel est pris qui croyait prendre ».
Le film commence dès le générique à nous mettre dans l’ambiance colorée et bruyante du cirque, au début du XXème siècle, avec sa foule populaire fascinée, haranguée par des rabatteurs pour l’attirer vers ses attractions et curiosités, où l’illusion est reine. Le scénario est bien construit, avec des rebondissements qui donnent un rythme soutenu au film. Il est question d’amitié, d’amour, de deuil, de trahison, d’appât du gain, de mensonge et de faux-semblants, le tout teinté d’émotion et de rire. Soulignons la belle reconstitution historique, notamment en termes de costumes et de décors tant extérieurs qu’intérieurs. La mise en scène fait preuve d’imagination, usant en particulier d’ellipses judicieuses. La musique se fait discrète, accompagnant les temps forts. La distribution est sans faute, avec Pio Marmaï en jeune peintre naïf hanté par le souvenir idéalisé de sa défunte femme, interprétée avec finesse par Vimala Pons. Anaïs Demoustier campe merveilleusement une Vénus courageuse - également voyante de circonstance au vif esprit d’à-propos - et Gilles Lellouche, un marchand d’art sympathique et complexe.
Pierre Salvadori nous offre ici un film d’ouverture du Festival divertissant, qui se laisse voir avec bonheur.


Ne vous trompez pas, l’espace Salvadorien est comme l’univers : en expansion avec les couleurs en plus. Là, nous sommes au début du XXe siècle, après la première guerre mondiale, en plein renouveau économique et artistique des Années folles, dans une fiction à tiroirs où se mêlent naïfs, pauvres, crédules, bourgeois, arnaqueurs, jouisseurs, rêveurs, bonimenteurs et autres voyants. En l’occurrence Suzanne, alias Venus electrificata, qui se métamorphose en une medium afin d’escroquer Antoine, artiste-peintre, en plein marasme affectif suite au décès de son amour/muse. D’objet sexuel et de menteuse par opportunisme, elle se transforme en être empathique, sincère, compassionnelle et amoureuse.
Mais la thématique n’est pas qu’amour, manipulation, vénalité, elle est aussi comédie humaine, comme le dépeint Balzac. Elle est représentée dans cette foire de Saint-Ouen et cette foire, c’est nous !
Par cette profusion d’images et de couleurs, par une mise en scène soignée, par la composition d’acteurs inspirés et parfaitement dirigés, par la créativité des scènes et la qualité des dialogues, par un montage habile, le réalisateur Pierre Salvadori renoue avec la pure fiction et révèle l’enfant en nous : de la belle illusion, du septième art poétique et jouissif et des valeurs humaines avec ses pleins et déliés.


ll y a dans les films de Salvadori de la fantaisie, de la tendresse et cette chose si précieuse : la liberté. A ce titre, La Vénus électrique est une réussite. Le film s’ouvre dans un décor inhabituel pour Salvadori : des stands forains dans le Paris des années folles. Le réalisateur change d’époque sans renoncer à ses sujets de prédilection : chassés-croisés amoureux, imbroglios, mensonges, faux semblants et arnaques aux sentiments.
Faux film d’époque, cette œuvre brosse des thèmes multiples : marchandisation de l’art, rapports hommes-femmes, violence sociale, désir de réinvention. Salvadori y prolonge son art du vaudeville, allègre en apparence mais parsemé de nuances mélancoliques. Les acteurs sont époustouflants.
S’inspirant de la comédie hollywoodienne de la grande époque le cinéaste, admirateur d’Ernst Lubitsch, Billy Wilder ou Blake Edwards, nous entraîne dans un univers romanesque singulier, qui explore, dans un contexte historique foisonnant, les relations humaines et les fragilités de personnages cabossés dans leur quête du bonheur. C’est drôle, joyeux, touchant et rythmé.