Nationalité : France, Italie
Genre : Comédie, Drame
Durée : 2h25
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Marine Atlan
Acteurs principaux : Antonia Buresi, Julie Sokolowski
Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
18 mai 2026
La Gradiva est d’abord le nom d’une femme sculptée sur un bas relief de Pompéi qui désigne « celle qui marche ». Cette statue est une fiction, un rêve analysé par Freud, un mystère qui mêle le fantôme du passé au fantasme. Pour mettre en marche ce mythe, la réalisatrice en saisit toute l’étrangeté par un récit d’une grande maîtrise, somptueux esthétiquement et troublant émotionnellement.
Avec ces jeunes pleins de vie et en « construction », leur état de grâce et leur détresse entrent en fusion. S’y déchaînent, avec justesse, les passions des protagonistes en un jaillissement continu, tant dans la parole que dans la solitude.
Il y a une grande densité romanesque dans La Gradiva, mais aussi un regard très fin, attentif à tous les personnages, même si le film s’attache surtout à Tony, pour leur offrir une pleine place au sein du groupe.
Pour sa première réalisation, Marine Atlan réalise un film aussi envoûtant que percutant, qui se démarque des films sociaux purement réalistes, et s’inscrit dans la lignée des œuvres de Jacques Rozier ou Patricia Mazuy. La forme du récit, jusqu’à en assumer le mélodrame et la mélancolie, fait penser aux œuvres de Douglas Sirk. C’est un film sur l’héritage, l’exil, l’amour.








