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La Bataille de Gaulle : L’âge de fer

Hors-Compétition
La Bataille De Gaulle : L'Âge De Fer

Nationalité : France, Belgique
Genre : Historique, Thriller
Durée : 2h40
Date de sortie : 3 juin 2026
Réalisateur : Antonin Baudry
Acteurs principaux : Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur

Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Redoutablement efficace, le premier épisode de cette « épopée » dresse un portrait flatteur du Général. Le réalisateur conserve un contexte hautement politique en adaptant librement le roman biographique de Julian Jackson : " De Gaulle, une certaine idée de la France ". Un choix qui fait sens aujourd’hui, à l’heure de l’aggravation des tensions mondiales et de la montée en puissance des mouvements extrémistes.
Difficile de s’attaquer au mythique général. En 2019, un biopic classique consacré au Général de Gaulle était sorti, avec Lambert Wilson dans le rôle-titre. Aujourd’hui, Antonin Baudry injecte de l’adrénaline dans La bataille de Gaulle. Il renonce à toute nuance. Rendre au Général ce qu’il y avait avant la statue : un corps trop grand, une voix qui se cherche, une obstination qui passe pour de la folie était une tentative fort périlleuse. Entre en scène Simon Abkarian. Le choix était aussi fou qu’improbable, et l’acteur prend le parti de ne pas faire " De Gaulle " : il l’invente sous nos yeux. Il y a dans son Général quelque chose d’un Don Quichotte égaré dans un monde qui ne croit plus au panache ni aux grandes idées.
La mise en scène est puissante et grandiose. Le film est très beau, visuellement léché, une belle photographie, une bonne musique, de beaux plans. Techniquement, c’est quasiment impeccable.


Nous connaissons tous l’aversion des Etats-unis à intervenir dans le conflit du début de la deuxième guerre mondiale, entre autres par l’idéologie du milieu militaro-industriel et financier favorable, au début, à l’Allemagne nazie. Roosevelt s’opposa au Général de brigade de Gaulle lorsque ce dernier pris l’option de s’opposer à l’armistice du Maréchal et chef de gouvernement Pétain, devenant ainsi un paria.
C’est l’histoire et le support de ce film, diptyque en superproduction mais aussi conte épique, thriller.
Au delà du didactique récit, l’intérêt réside dans l’étude psychologique du mutique Héros, de sa vision qui font que ce personnage, dans l’action, anticipe et donne un sens à l’avenir contre tous les avis rationnels qui l’entourent : c’est bien sûr un biopic mais aussi une approche géopolitique qui donne un éclairage particulier aux soubresauts de notre époque.
Le cinéaste, perspicace, nous plonge ainsi, et parfois avec humour, dans les circonvolutions de la pensée Gaullienne inaccessible à la plupart des individus. Il décortique avec sérieux et volupté les rapports de pouvoir et les pensées mouvantes des politiques et des factions de la résistance.
Donc première partie, non académique, au casting solide et novateur, à l’esprit synthétique : brillant !