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L’Inconnue

Compétition
L'Inconnue

Nationalité : France, Italie
Genre : Drame, Thriller
Durée : 2h20
Date de sortie : 26 août 2026
Réalisateur : Arthur Harari
Acteurs principaux : Léa Seydoux, Niels Schneider, Victoire Du Bois

À bientôt 40 ans, David Zimmerman est photographe mais personne ne le sait. Alors qu’il ne sort presque jamais de chez lui, des amis le traînent dans une fête insensée. Il y repère une femme dans la foule, ne peut en détacher le regard, la suit... Quelques heures plus tard, David se réveille : il est dans le corps de l’inconnue.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Angoisse, effroi, solitude, vertige existentiel, film labyrinthique, déroutant, mais aussi captivant et audacieux, film monstre sur la perte d’identité. Jeu de double fantastique et dérangeant, autant d’expressions pour caractériser ce film.
Ce long-métrage est un objet filmique non identifié. S’agit-il d’une œuvre fantastique, d’une comédie dramatique ou d’un drame policier ? L’inconnue est situé à l’interface de tous ces genres. Il est convaincant, mais l’est-il totalement ? Pourtant l’histoire est à la fois simple et complexe. La mise en scène d’Arthur Harari réussie, viscérale, souvent inconfortable n’est qu’un prétexte à une exploration plus troublante de l’Identité.
Avec cette œuvre habitée et nébuleuse, le réalisateur nous interroge sur la notion d’identité. Le film questionne le genre, l’orientation sexuelle ou encore la condition féminine.
Le cinéaste joue à l’étrangeté en référence à Roman Polanski, notamment Le locataire, David Lynch, Leos Carax et Gaspar Noë. Il réalise une histoire relevant du fantastique, sans recourir au moindre effet spécial.


S’agit-il d’un délire sous amphétamine, d’un ictus amnésique orgasmique ou d’un fantasme horrifique d’un épisode schizophrénique ? Le saurons-nous jamais ? Toujours est il que David, photographe à la personnalité introvertie se retrouve dans le corps d’Eva, l’inconnue et vice versa, après un coït pulsionnel dans les caves d’un club où se donne une fête costumée, masquée, psychédélique, totalement déjantée. Fable énigmatique, fantastique, bizarre, délirante, aux multiples tiroirs, qui se veut onirique. Elle déstabilise le spectateur qui se trouve plongé dans un vertige psychotique. De ce puzzle éclaté, Harari fait un système intelligible et cohérent, grâce à ses talents de metteur en scène et à sa virtuosité : plans et montage. Mais alors que signifie ce transfert des corps ? Recherche d’identité avec le qui suis-je ; êtres sexués, déviants, asexués, LGBTQ+, homme augmenté ou bien en recherche d’altérité, de métaphysique ? Pour finir, ce n’est pas un mythe Faustien car la vie revient amputée d’une partie de son histoire. Conclusion : l’être humain ne peut être et se réaliser que dans sa nature naturante et que toute tentative de modification ne peut être que vouée qu’à l’échec : malaise assuré, très Lynchéen !