Nationalité : Allemagne, France, Bulgarie, Autriche
Genre : Drame
Durée : 2h41
Date de sortie : 15 juillet 2026
Réalisateur : Valeska Grisebach
Acteurs principaux : Syuleyman Alilov Letifov, Yana Radeva, Velko Frandev
À Svilengrad, une petite ville à la frontière bulgare, aux confins d’une Europe délaissée, Veska, archéologue, renoue avec Said, un ami d’enfance, dont la voiture vient d’être volée. En voulant l’aider, Veska glisse progressivement au coeur d’une société criminelle dont l’emprise règne sur la ville. Veska va devoir affronter ce monde à la fois trouble et dangereux.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
17 juillet 2026
A la place d’un rêve, ne sommes-nous pas face à une sorte de cauchemar lancinant qui impose ses lois ?
En ancrant ce récit labyrinthique à Svilengrad, ville proche des frontières de la Bulgarie avec la Grèce et la Turquie, l’Allemande Valeska Grisebach crée un suspense naturaliste. Il décrit comment cette frontière extérieure de l’Union Européenne constitue un lieu de passages et d’échanges économiques qui génèrent des activités de contrebande et de prostitution.
On se retrouve rapidement plongés dans une zone de quasi non-droit aux allures de western moderne dans lequel le personnage féminin central tente de défier l’ordre établi face à un milieu criminel entièrement masculin.
Avec sa construction narrative et atypique, L’Aventure rêvée n’est pas un film facile d’accès, mais cette "perte" d’accessibilité fait aussi sa singularité, déployant un récit qui cherche à surprendre en permanence, au gré des thèmes et des trajectoires de personnages.
Avec une mise en scène dépouillée et d’une grande subtilité, ainsi qu’une connotation politique évidente, Valeska Grisebach signe un thriller insidieux, sec, et imposant.
25 mai 2026
Que montre ce thriller réaliste, à la mise en scène épurée, sans effet d’accroche, fracturé où les sujets/acteurs semblent tous en marge de ce qui fait lien dans une société, si ce n’est notre nouveau monde post-moderne, sans valeur cardinale, en recherche de jouissances éphémères où la contrainte et la violence sont monnaie courante ?
L’héroïne, Veska, archéologue, un peu aventurière, est la figure du passé et par des rencontres inopinées avec d’anciennes connaissances, elle percute le présent du film qui est un entre-deux flottant, au temps suspendu, attendant un avenir en gestation qui semblera meilleur selon le ressenti de la phase finale de la projection. Là, elle apparaîtra être la seule capable de remettre en ordre le désordre. Chacun en fera son interprétation.
La métaphore géographique des zones délabrées et/ou non finies, aux limites floues, incertaines, mouvantes, nous projette dans l’état mental et psychologique des protagonistes genre zombies/zonars.
Il s’agit en fait d’un pamphlet socio-politique qui montre que nos dirigeants n’ont plus de rêves, de boussole, de récits épiques capables de soulever un espoir de vie meilleure : à voir, pour la finesse de mise en scène, pour réveiller nos consciences et penser à l’avenir de notre jeunesse.








