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I’ll Be Gone In June

Un Certain Regard
I'll be gone in june

Nationalité : Allemagne, Suisse
Genre : Drame
Durée : 2h05
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Katharina Rivilis
Acteurs principaux : Naomi Cosma, Logan Sage, Elijah De Billie

Une adolescente allemande débarque dans le désert du Nouveau-Mexique pour une année d’échange. Elle pensait trouver l’Amérique de ses rêves. Elle découvre un pays inquiet, un amour fragile, et cette vérité que chaque génération finit par rencontrer : le monde que l’on nous promet n’est jamais celui qu’on trouve.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Ce premier film est prometteur. Il aborde avec beaucoup de douceur les émotions d’une adolescente allemande partie en échange étudiant au Nouveau Mexique en plein désert en 2001. Nous partageons sa curiosité.
L’omniprésence de la caméra de la jeune fille nous propose d’admirer et découvrir cet environnement grandiose. Par ses yeux nous découvrons la vie étudiante et surtout les interrogations de cette génération déboussolée. L’évocation délicate de la chute du mur de Berlin, de la manière dont la vie a changé surtout à l’Est... vient résonner avec le choc de la destruction des tours de New-York le 11 septembre 2001. La pression policière, le mur entre États-Unis et Mexique tout proche, dressent un portrait du monde inquiétant pour des jeunes qui se cherchent.
La force des premiers émois amoureux sont évoqués avec justesse, douceur, respect entre la tornade dans le désert et le plongeon dans une eau qui engloutit.
La pluie locale annuelle traduit les larmes d’une jeune fille qui doit repartir chamboulée par ses expériences fortes dans un monde inquiétant.


Le dépaysement était inévitable dans ce nouveau Mexique aux paysages désertiques aussi ennuyeux que parfois fabuleux. Mais les remarques déplacées qu’entend Franny à longueur de journée en rajoutent à son mal du pays. Elle nous offre son regard pour ressentir l’océan culturel qui sépare l’Europe du nouveau continent.
Le tableau de la famille d’accueil qui l’héberge (et celui de collègues de l’université aussi) est une métaphore de l’Amérique profonde aujourd’hui. Manque de délicatesse, rigueur stupide sur des détails de la vie quotidienne, religiosité moralisante, prise de médicaments à outrance, apprentissage du tir aux enfants… Une version caricaturale peut-être ? Pas sûr hélas… Le séjour dans cette famille d’adoption aura une fin aussi brutale qu’un licenciement sans cause.
Franny rencontre alors un jeune natif, antithèse de cette Amérique qui ne doute de rien. Il a mauvaise presse pourtant, on dit qu’il se drogue et qu’il est un coureur de jupons… le rythme devient plus tranquille, c’est le ton d’une romance qui domine, une romance délicate mais encombrée par les préjugés et le passé d’Eliott. Pourront-ils se rejoindre ? Une série de plans de toute beauté vous attend…