Nationalité : France, Belgique
Genre : Drame, Thriller
Durée : 1h54
Date de sortie : 16 septembre 2026
Réalisateur : Léa Mysius
Acteurs principaux : Hafsia Herzi, Benoît Magimel, Bastien Bouillon
Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
24 mai 2026
Cette réalisatrice est connue pour mettre en scène des histoires singulières mêlant réalisme magique et difficultés sociales. Avec un tel titre de film, on peut se demander ce qui se cache dans les nuits de nos existences ? De quels gouffres et inquiétudes, nos vies sont-elles faites ?
S’inspirant d’un ouvrage de Laurent Mauvignier, Léa Mysius explore les zones instables. Elle travaille la sensation avant le spectaculaire. Elle s’intéresse aux corps, aux perceptions, aux liens familiaux qui se déforment sous la pression du passé.
Avec ce film, on suit les histoires, les points de vue, les tracas, les blessures et les doutes de chacun. Tous possèdent une rouille humaine, des zones d’ombre, des secrets et des raisons de les cacher.
La réalisatrice met en oeuvre le film History of violence dans le cadre d’une France rurale. Elle travaille avec précision tous les aspects et toutes les connections possibles concernant les dualités : deux maisons, deux familles, deux vies, deux amis, deux amours, deux classes sociales. Elle multiplie les regards, tous s’observent. Elle construit un film mélancolique, un thriller acéré, dépouillé et tendu. C’est un drame contemporain en quasi huis-clos sur la famille et le retour ténébreux du passé.
23 mai 2026
Cette œuvre cinématographique, maïeutique par la révélation et herméneutique par la signifiance - exprimée dans sa deuxième partie par la violence scénographique et des dialogues - nous interpelle sur notre vie enfouie secrète et quasi coite, qui ne partage qu’avec le coin sombre de nous-mêmes. A son service un narratif élaboré, pesant, inquiétant qui nous tient en haleine car l’intrigue est bien soutenue par le suspens : c’est très trouble, enfermé et hitchcokien.
Quant à la forme, très analytique et linéaire, elle nous captive par son apparente fluidité, par le jeux entre l’espace et le temps, par une lumière et des images explicites, qui - par les émotions et l’aspect sensoriel - nous projette dans l’imaginaire mystérieux et fantomatique de la vie rurale, isolée dans une campagne reculée, propice aux secrets : c’est du très bon cinéma très bien servi par cinq acteurs principaux : Hafsia Herzi rayonnante, Monica Belluci, froide et très professionnelle, Benoit Magimel, en interprète fantasque et expressif, Bastien Bouillon, sobre mais essentiel et la jeune interprète prometteuse, Tawba El Gharchi alias Ida : bonne projection !








