Nationalité : Autriche, France, Allemagne
Genre : Drame
Durée : 1h54
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Marie Kreutzer
Acteurs principaux : Léa Seydoux, Jella Haase, Laurence Rupp
Lucy et Philip sont heureux, ils viennent d’emménager avec leur fils dans une maison de campagne près de Munich. Un matin, leur vie bascule lorsque la police se présente à leur domicile pour arrêter Philip et saisir ses ordinateurs. Bouleversée, Lucy cherche la vérité sur son mari. Qui est-il réellement ? Doit-elle l’éloigner de son fils ?
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
18 mai 2026
Le film s’ouvre sur une vie de famille harmonieuse, équilibrée. Les parents, Lucie et Philippe, sont artistes et avec leur fils Johnny, vivent à la campagne. Lorsque la jeune policière, Elsa, vient avec son équipe perquisitionner les ordinateurs, c’est un tsunami qui s’abat sur eux. La caméra s’attarde sur le visage de Lucie, admirablement interprétée par Léa Seydoux, dévastée, incrédule, perdue, réalisant qu’elle ne connaît pas l’homme avec qui elle a tout construit. La réalisatrice Marie Kreutzer a souhaité traiter le sujet de la pédophilie à travers les yeux de deux femmes en vis-à-vis face à l’indicible. Lucie vit une profonde solitude et refuse de l’aide. A Philippe, elle n’adresse plus un mot. C’est à la musique qu’elle va parler. Face à elle, Elsa, jeune policière, mène l’enquête avec justesse et professionnalisme. On comprend qu’elle est concernée par le sujet. " Ce métier c’est le seul dans lequel je trouve du sens. " dit-elle.
Le plus terrible pour Lucie, c’est de ne plus être sûre de rien, avec un seul objectif désormais : préserver son fils. De tout ça, on n’en sort pas indemne !
18 mai 2026
Marie Kreutzer, réalisatrice autrichienne, ouvre son nouveau long métrage par un superbe prologue où Lucy égrène des notes de musique sur son piano. Mère heureuse d’un petit garçon, mariée à Philip, installée dans une vie joyeuse, tout semble lumineux pour cette jeune femme.
Mais les couleurs pâlissent, tandis que la police de Münich vient arrêter Philp, soupçonné de pédopornographie.
La caméra subtile, ne montre pas les faits, il les suggère ; elle suit pas à pas le cheminement sentimental et affectif de Lucy qui passe de la colère, au doute, à la détresse.
Lucy (Léa Seydoux bouleversante et juste dans ce rôle) cherche à savoir qui est réellement son mari qui était si aimant, si amoureux. Elle doit se résoudre à « dés-aimer » ce mari dont on apprend le caractère criminel, si fréquent du reste ; et les dialogues en trois langues en font un thème qui touche toutes les sociétés.
17 mai 2026
Un mari aimant, un bon père, et pourtant… Comment aurait-on pu soupçonner l’impensable ? Comment savoir ce qui s’est vraiment passé, jusqu’où il est allé, et ce que l’amour peut encore regarder en face sans se trahir lui-même ? Le film installe son trouble dans cette zone grise où la vérité judiciaire, la vérité intime et la vérité morale ne coïncident jamais tout à fait.
La question centrale surgit dans une scène apparemment périphérique : le mariage de l’avocat du « gentle monster », où Lucie et Philippe se retrouvent côte à côte tandis que le prêtre lit la Première lettre aux Corinthiens : « L’amour prend patience… l’amour supporte tout ». Mais peut-on tout supporter ? Et surtout, doit-on le faire ? La formule biblique, qui devrait célébrer la fidélité, devient soudain vertigineuse : aimer, est-ce comprendre, excuser, attendre, ou au contraire tracer enfin une limite ?
Léa Seydoux est remarquable dans cette tension. Elle donne à Lucie une présence à la fois lumineuse et déchirée, prise entre amour, doute, incrédulité et besoin de comprendre malgré tout. Mais à cette fidélité inquiète s’ajoute un autre devoir, plus impérieux encore : protéger son fils. C’est là que le film touche juste, non dans la certitude, mais dans l’impossible coexistence de l’amour et de l’effroi.








