Nationalité : France, Belgique
Genre : Drame
Durée : 1h45
Date de sortie : 23 septembre 2026
Réalisateur : Jeanne Herry
Acteurs principaux : Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau, Sarajeanne Drillaud
Garance est une jeune actrice alcoolique. Huit ans d’un parcours fait de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs… Mais aussi une révolution intime, amicale et sexuelle, un chaos aux allures de « grande récré » où se mêlent autant d’amour que de destruction.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
21 mai 2026
Jeanne Herry, qui avait tant touché avec son film "Je verrai toujours vos visages", prend comme point de départ pour ce nouveau long métrage une rencontre qu’elle a faite avec une jeune alcoolique.
Ce qui touche avant tout dans ce film c’est l’authenticité bouleversante d’Adèle Exarchopoulos qui émeut aux larmes dans le rôle de Garance. Ce prénom issu du latin, du nom d’une fleur, évoque la vitalité naturelle et vibrante de cette Garance-là, éblouissante par l’énergie qu’elle déploie. Ce sera l’ énergie dépensée dans des bars, chez des amis, ou dans de petits rôles au théâtre, tandis qu’elle se perd dans l’ alcool.
Jusqu’au jour où elle rencontre la douce et sensible Pauline (Sara Giraudeau) dont on entendait dès le début du film la voix off comme un présage à l’évidence de cette relation.
Pauline, pour qui tout est simple et fluide, arrive dans la vie de Garance avec l’amour solaire qu’elle irradie alors que Garance est en train de toucher le fond.
Dans un superbe champ-contrechamp, Pauline lui laisse le temps et la liberté de décider elle-même de sortir du cercle infernal de son addiction.
Les éclairages sur les visages en plan serré révèlent la variété éblouissante des expressions de ces deux superbes comédiennes, tandis que le thème de l’alcoolisme est traité avec efficacité et utilité.
18 mai 2026
Garance est un film mais surtout une jeune femme en quête existentielle comme la plupart des jeunes gens de notre époque aux journées très occupées par la recherche de taff, de pieux, de thune, de teuf, de keum et de baises car leur langue est jargonneuse et difficilement comprise par les générations antérieures, ce qui tend à les couper de l’implacable réel.
Garance est une combattante, bonne actrice, mais son défaut est l’alcool. Elle utilise sa fragilité dans son expression théâtrale, « Ça vaut de l’or la fragilité, la sensibilité. » dit-elle. Elle se sent par ailleurs invincible jusqu’au jour où…la sentence médicale tombe et là, cette lucidité, qui lui faisait défaut, par le déni en ce qui concerne les effets délétères de l’alcool, se mue en vérité et la guerrière repart. La cinéaste Herry traite cela sans compassion, ni pitié, ni condescendance ; elle reste factuelle, sans jugement moral et d’une efficacité redoutable dans son scénario comme dans le montage des plans et scènes qui confine au documentaire. Adèle Exarchopoulos explose l’écran, fait un sans faute, porte le film et nous éblouit. C’est de la douleur, de l’amour, de la peine, toujours de la vérité, de l’humain QUOI ! Au départ, c’est un sujet aride et à l’arrivée, un chef d’œuvre qui comble nos sens.
18 mai 2026
Voici un thème dérangeant qui devait être porté à l’écran. Et c’est la talentueuse Jeanne Herry qui s’en est magistralement chargée. Le mot « alcool » vient de l’arabe alkohol signifiant « antimoine » et a donné le mot « khôl » que l’on met autour des yeux, qui maquille. Effectivement, l’alcool maquille le mal-être de Garance, jeune actrice fragile mais au caractère bien trempé, interprétée avec brio par Adèle Exarchopoulos. La vie d’artiste et ses galères, la vie parisienne et ses soirées arrosées, la vie amoureuse et ses découvertes, elle est entraînée dans une spirale festive infernale. Elle chute et a besoin de sa béquille éthylique. Sa mère, ex-junky l’avait mise en garde contre la drogue mais n’avait pas pensé à ce liquide sournois en vente libre qui circule dans ses veines depuis l’âge de 13 ans. Pensant être incapable d’arrrêter, elle fait involontairement souffrir son entourage qui, sans la juger, s’éloigne, impuissant. C’est tellement difficile de résister à la tentation qu’il faut presque l’avoir vécu pour comprendre. Jusqu’à ce que le verdict de l’addictologue tombe : le foie est en dentelle. Le sevrage est douloureux, angoissant, malgré l’application censée aider. L’amour va-t-il suffire à lui donner du courage et le goût de la vie ?








