Nationalité : Népal, France, Allemagne, Brésil, Norvège
Genre : Comédie dramatique
Durée : 1h43
Date de sortie : 23 septembre 2026
Réalisateur : Abinash Bikram Shah
Acteurs principaux : Pushpa Thing Lama, Deepika Yadav, Jasmin Bishwokarma
Dans un village népalais niché au cœur d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages vit une communauté kinnar aussi vénérée que crainte pour ses pouvoirs de bénédiction et de malédiction. Pirati, l’une des mères de la communauté, rêve de s’échapper avec l’homme qu’elle aime. Mais lorsqu’une de ses filles disparaît, elle se doit mener l’enquête et choisir entre son désir de liberté et ses responsabilités envers sa communauté.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
4 juin 2026
C’est un film rare : il est de nationalité népalaise ; il aborde la question des personnes transsexuelles dans un pays où la question n’est socialement pas simple ; il impressionne et s’impose par la puissance politique de son sujet.
L’opus s’intéresse aux Kinnars, femmes trans qui font vœu de chasteté en échange d’un pouvoir de bénédiction et de malédiction. Elles sont apparemment respectées pour leurs capacités, mais en même temps, derrière cette vénération, rampe une violence à la fois misogyne et transphobe. Le film analyse merveilleusement que - comme les éléphants traqués pour leurs ravages - ces femmes subissent un cruel paradoxe : leurs bénédictions sont recherchées, mais leur existence reste marginalisée.
Les problèmes de la discrimination et de la prostitution sont bien traités dans un pays peu réputé pour sa tolérance en matière de mœurs.
Les partis pris créatifs du réalisateur sont affirmés et audacieux. Il ne lésine sur aucun moyen pour décrire la réalité du village. A la fois thriller et drame social, l’œuvre est splendide et passionnante. La photographie est d’une beauté renversante. Le décor est phénoménal, notamment une forêt obsédante, touffue, mystérieuse.
Ce film est dense comme une brume qui ne disparaîtrait jamais.
21 mai 2026
Abinash Bikram Shah, déjà venu à Cannes en 2022 pour un court métrage, nous offre le premier long métrage népalais reçu sur la Croisette. Il nous entraine au bord d’une forêt peuplée d’éléphants sauvages dans une communauté Kinnar. Ces personnes transsexuelles hindoues font vœu de ne pas avoir de relations sexuelles et vivent sous l’autorité d’une "Guru Mata" en maisonnées rassemblant une "Mère" et ses "Filles". Elles reçoivent des aumônes récoltées lors d’événements festifs, leurs bénédictions étant réputées puissantes. Les éléphants ne sont pas loin, censés être effrayés par des cortèges bruyants, des épouvantails et une barrière électrique.
Le scénario propose un film sociétal - montrant la vie quotidienne de ces personnes marginalisées et l’homophobie ambiante - avant de devenir un vrai thriller policier, Aspara ayant disparu de la famille de Pirati. Sa recherche effrénée et l’opposition des villageois, de la police et de sa famille d’origine, sont l’occasion d’une réflexion sur la place de chacun et des relations entre les êtres, quelle que soit leur identité, reçue ou recherchée. La caméra offre des vues splendides de la campagne népalaise et l’interprétation par des membres de cette communauté est très émouvante.








