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El ser querido

L’Être Aimé
Compétition
El ser querido

Nationalité : Espagne, France
Genre : Drame
Durée : 2h15
Date de sortie : 16 mai 2026
Réalisateur : Rodrigo Sorogoyen
Acteurs principaux : Javier Bardem, Victoria Luengo, Raúl Arévalo

Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Après une décennie de polars et thrillers tendus et musclés, Rodrigo Sorogoyen nous offre un film au service d’une dissection des rapports filiaux. Avec ce film, il regarde du côté de Truffaut et de Bergman.
De façon puissante et sublime, le film analyse les méandres d’une relation orpheline qui tente de renaître à la vie et le cheminement tortueux d’un artiste au cœur de sa création. En toile de fond, les coulisses d’un tournage, les rapports de domination et, d’une certaine manière, la fin de l’ère de la masculinité toute puissante.
Ce film est fort dans le fond, dans la forme, dans les regards de feu et de glace des personnages, dans le souffle d’une mise en scène impressionnante et à la beauté rugueuse. Comme ses interprètes, le film est magistral tant par les idées de mise en scène foisonnantes, que par les dialogues percutants et le sens du détail de cette œuvre virtuose.
L’être aimé peut se lire dans une double acception du terme. D’abord, c’est le regard que porte le père sur sa fille : des années de silence, de malentendus, et il ne sait pas s’il filme avant tout une actrice ou sa fille. Ensuite, c’est le regard que porte la fille sur son père, un regard tourmenté car elle a été quittée trop tôt, à un moment où plus que jamais on a besoin de son père.