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Dua

Semaine de la Critique
Dua

Nationalité : Kosovo, France, Suisse
Genre : Drame
Durée : 1h40
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Blerta Basholli
Acteurs principaux : Luàna Bajrami, Arben Bajraktaraj

Le quotidien d’une adolescente et sa famille à Pristina à la fin des années 90. Le Kosovo est au bord de la guerre avec la Serbie et Dua, 13 ans, doit choisir entre les injonctions de ses camarades de classe et ses propres envies. Mais les tensions ethniques grondent et le danger se rapproche de sa famille.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Caméra à l’épaule nous suivons Dua, jeune fille de 13 ans farouche et timide. Elle s’éveille à la vie entre une famille unie, des soirées entre copines où l’on rêve d’embrasser un jeune garçon, et une nouvelle passion pour le judo. L’innocence sera vite brisée : la communauté albanaise subit le mépris ou les insultes des voisins serbes, la rue est dangereuse et la milice sans pitié. L’école reste un lieu sûr, mais pour combien de temps ? L’écho de violences graves contre la population d’origine albanaise franchit la porte de la maison, la peur s’installe, laissant émerger la question de l’éventualité de l’exil. Dua se heurte à cette dure réalité sans en mesurer toutes les conséquences. Elle est privée d’adolescence, comment ne pas être frustrée ? Sa colère grandit jusqu’à la violence… Dua, que sont devenus tes rêves ?
La narration reste discrète sur les événements politiques proprement dits : quelques mots disent l’exil de 300 000 Albanais du Kosovo, ou l’attente d’un soutien international. La réalisatrice kosovare Blerta Basholli fait le choix de livrer une chronique familiale intime et d’une grande dignité, profondément émouvante. Elle rend ainsi hommage à cette communauté maltraitée lors d’un conflit oublié, et cela ne manque pas de faire écho aux souffrances que des milliers de familles subissent aujourd’hui dans des guerres civiles injustes.


Dua signifie "je t’aime" en albanais. La jeune adolescente porte bien son prénom, elle qui aime tant sa famille, sa langue et sa ville Pristina au Kosovo.

La réalisatrice kosovare Blerta Bashollia fait le choix d’un film intimiste, fortement inspiré de sa propre enfance. Avec une caméra "plan serré" sur cette jeune Dua - admirablement interprétée par une jeune inconnue, Pinea Matoshi - nous ne cessons de la suivre au fil du récit. C’est à travers ses yeux d’enfant qui nous transmettent tellement d’émotions mélangées, allant de la peur à la résilience, de la colère à la tristesse, que nous découvrons la montée des violences et des persécutions ethniques de la part des Serbes.
Le quartier devient dangereux, les voisins suspicieux, la circulation difficile.
Dua est encore tellement jeune, entre une famille unie, les premières soirées, les garçons et l’école. Sa force, elle la puise dans son amitié avec Maki, sur les tatamis de judo. Le judo permet de mettre à terre même le plus grand adversaire. Toutes deux vont apprendre à concentrer leur rage dans le combat.
Mais l’étau se resserre. Au début du film, le père renforce la porte de l’appartement. Au fil du film, la vie se fait plus discrète jusqu’à devenir cachée, en attendant l’aide de l’OTAN. Avec un quotidien devenu ingérable et dangereux, arrive le moment où la question de l’exil se pose.