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Atonement

L’Apaisement
Quinzaine des Cinéastes
Atonement

Nationalité : U.S.A.
Genre : Drame
Durée : -
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Reed Van Dyk
Acteurs principaux : Kenneth Branagh, Hiam Abbass, Boyd Holbrook

Au début de la guerre en Irak, la décision, prise en une fraction de seconde par un « marine » américain, entraîne une fusillade qui dévaste une famille irakienne. Des années plus tard, avec l’aide d’un journaliste du New Yorker, il cherche à retrouver la femme qui a survécu.L’Apaisement est inspiré de faits réels.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

La guerre en Irak de 2003 n’a pas mis en ruine que ce beau pays, elle a aussi détruit la vie de certains Marines. Comme il est si bien dit dans le film : « Quand on tire, la balle va dans les deux sens ». Le réalisateur nous plonge au cœur de l’horreur quand une famille se retrouve au mauvais moment au mauvais endroit. Dix ans après la guerre, la misère et la poussière, est venu le temps de la réconciliation. Pour Lou, le soldat qui a tué le mari et les deux fils de Mariam, la reconstruction intérieure passera par leur rencontre, elle et sa fille étant maintenant installées aux USA. Il ne peut pas se fuir éternellement pour ne pas se haïr. Pour justifier son acte, il veut donner sa version des faits, expliquer la confusion qui régnait lors de l’embuscade, l’obligation d’obéir aux ordres. Cela va-t-il l’apaiser ? Le pardon demandé ne va-t-il pas rouvrir des blessures ? L’acteur incarne si bien sa douleur psychique qu’on ressent le poids de sa culpabilité au plus profond de soi. Même le journaliste du New-York Times qui organise le rendez-vous est bouleversé et bouleversant par son implication. Des vies ont été brisées, mais la foi peut en recoller les morceaux et notre humanité en ressortira grandie.


La plupart des films américains traitant des guerres du Moyen-Orient ont en commun de se concentrer exclusivement sur les soldats américains depuis l’enfer des combats jusqu’aux séquelles psychologiques liées au syndrome de stress post-traumatique. Reed Van Dyk, pour son premier long métrage, s’écarte de cette approche, en s’ouvrant sur trois générations d’une famille irakienne très unie.
Inspiré de l’article de Dexter Filkins paru dans le New Yorker en 2012, « Expiation après l’Irak », L’apaisement remet l’humain au centre de la guerre et aborde un sujet délicat avec la même délicatesse et la même absence de sensationnalisme
Ce récit remet les thématiques de la compassion et du pardon au centre, tout en critiquant la gestion américaine des stress post-traumatiques et la politique guerrière de ce pays. Il est aussi question de main tendue entre un Marine et une famille irakienne dévastée, deux destins bousillés par une guerre orchestrée par les puissants de ce monde. Si l’idée que la guerre nous poursuit, elle est ici abordée avec une grande inventivité grâce à un scénario subtil.


Atonement est traduit par le distributeur français par L’apaisement plutôt qu’expiation ou rédemption et ce sont bien ces différents sens que l’on trouve dans ce film fort en émotion.
Il nous conte en parallèle les destins croisés - à cause de l’absurdité de la guerre et d’une bavure militaire - d’une famille chrétienne irakienne et d’un Marine américain avec ses collègues.
La première partie nous entraîne dans la banlieue de Bagdad où la sécurité de la population est menacée, ne sachant quel havre de paix trouver et qui se retrouve malgré elle au cœur du conflit. Nous sommes projetés également au cœur d’un peloton américain, censé pacifier les quartiers. Nous partageons les dilemmes de chacun des protagonistes et les émotions de chacun sont très bien rendues.
Dix ans après ce drame qui a décimé la famille - les survivants ayant émigrés aux USA - et anéanti psychologiquement les Marines, nous vivons de l’intérieur les déchirures des rescapés des deux bords, qui par l’intermédiaire d’un journaliste vont pouvoir se retrouver et se transmettre une paix des cœurs. La foi et le pardon ont une place importante et nous assistons, émus aux larmes, à une réconciliation inimaginable.