Nationalité : France, Belgique
Genre : Drame
Durée : -
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Félix de Givry
Acteurs principaux : Milo Machado-Graner, Jane Beever, Emmanuelle Destremau
Âgé de quatorze ans, Otto adresse une lettre de suicide à sa famille et à ses camarades de classe, mais rate sa tentative. Trop honteux pour rentrer chez lui, il se cache. La nuit tombée, il hante les rues de la ville, comme un fantôme, jusqu’à ce qu’une fille de son lycée, Léna, le reconnaisse.
(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)
21 mai 2026
La pellicule granuleuse et colorée plonge ce film dans une atmosphère mystérieuse, amplifiée par la voix off de Françoise Lebrun qui déroule une narration aux allures de conte. Le scénario s’enracine pourtant dans un fait de harcèlement scolaire qui résonne tristement avec l’actualité des derniers mois. Cela se passe dans une école catholique vouée aux gémonies par le jeune Otto au moment d’écrire les raisons de son geste et de passer à l’acte.
La réalisatrice consacre une courte séquence sur ce qui s’est passé en amont - par une nuit plus noire que noir - mais ne s’y attarde pas. Le sujet du film n’est pas le pourquoi mais l’après. Qu’est devenu Otto ? On le cherche sans le trouver sauf Lena… Ne serait-ce pas un rêve ? Il se cache, elle partage son secret. Leur complicité grandissante les métamorphose… Pourtant à un moment il faut bien retourner à la réalité : envisager de partir définitivement ? ou de revenir ? « J’ai trop peur que les choses recommencent comme avant ».
Cependant « Là où l’on croit que les choses finissent il y a aussi des choses en train de naître ». C’est un récit de guérison et d’émancipation, doux et infiniment poétique. Dans le dernier plan sa mère ne le reconnaîtra pas Otto… Tout un symbole !
21 mai 2026
Félix de Givry fait partie d’une nouvelle vague française et son film rappelle le cinéma de Truffaut, Eustache, Demy et Pialat.
Dès les premières séquences, la mise en scène installe une tension physique avant de déplacer peu à peu le récit vers une forme de conte.
Avec ce premier film, Félix de Givry bat en brèche les clichés sur l’adolescence et nous ravit par sa peinture douce et gracieuse d’un désespoir aux résonances universelles. Le réalisateur observe avec tact la détresse, la solitude, l’épuisement intérieur d’un adolescent que le monde semble avoir déjà trop abîmé.
Adieu monde cruel, porté par une magnifique musique, choisit l’optimisme dans une très belle conclusion qui confirme que les ébullitions fragiles de l’adolescence ont rarement été observées avec une telle grâce.
S’appuyant sur le souvenir de ses douloureuses années de collège, le cinéaste parvient à faire ressentir un sentiment de désespoir qui sera apaisé par la voix off de Françoise Lebrun ainsi que par l’interprétation des deux jeunes comédiens. Ceux-ci incarnent un duo d’âmes solitaires se créant une bulle intime hors du rythme du monde.
Cette œuvre, entre réalisme et fable, fait naître l’espérance au cœur même du désastre et révèle un cinéaste talentueux.








