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Eurêka

Eurêka

Film japonais (2000).
Drame.
Durée : 3h 37mn.
Date de sortie : 29 Novembre 2000
Avec Koji Yakusho, Aoi Miyazaki, Masaru Miyazaki, Yoichiro Saito, Ken Mitsuishi...
Réalisé par Aoyama Shinji

Une prise d’otages dans un bus tourne mal. De nombreuses victimes sont abattues sauvagement avant que le kidnappeur soit exécuté par la police. Seuls restent trois survivants : le chauffeur, Makoto et deux enfants, Kosue la sœur et Naoki le frère. Deux ans plus tard, Makoto est de retour dans sa famille après un long exil. Mais tout a changé et il n’arrive pas à reprendre sa place dans la société. Non loin de la, le cadavre d’une femme est retrouvé dans un ruisseau. Makoto devient le suspect idéal. Il rend visite aux enfants et les trouve seuls, cloîtrés dans un silence complice et une maison à l’abandon (leur mère est partie et leur père décédé).
Makoto s’installe avec eux, rejoints par Akihiko, cousin rebelle des enfants. La police enquête sur de nouveaux meurtres. Makoto achète un bus qu’il aménage en habitat. Ils partent tous les quatre. Après être repassés sur le lieu de la prise d’otages, ils prennent la route. Une nuit, Naoki disparaît. Le lendemain, de nouveaux cadavres surgissent. Naoki disparaît à nouveau. Makoto le retrouve au moment ou il allait tuer une jeune femme. Naoki avoue tout et accepte de se rendre à la police. Makoto et Kosue finissent seuls la balade (après avoir éjecté Akihiko qui ne compatissait pas). Kosue renonce à se donner la mort et retrouve même la parole. Et le monde retrouve ses couleurs.

Le commentaire du jury

- en français

Avec ses plus de trois heures et demi en noir et blanc, quasi muettes de surcroît, Eurëka
peut effrayer ! Pourtant, hormis une fin à rallonge (comme si Aoyama avait du mal à
quitter ses personnages), et quelques très rares séquences un peu trop étirées, chaque
minute paraît essentielle. La lente mais profonde évolution des protagonistes ne pouvait
être traitée plus rapidement. Car la grande qualité de ce road movie extatique est bel et
bien la force et la justesse de son étude émotionnelle et psychologique des troubles posttraumatiques
(un reflet du Japon contemporain ?).La trajectoire de ses jouets du destin
est représentée avec une humanité et une sensibilité bouleversantes. Ainsi, les silences
complices des enfants entre eux et avec Makoto sont d’une richesse étonnante et ne sont
pas sans évoquer le mutisme d’un autre être brisé incarné par Koji Yakusho (interprète
fétiche de K. Kurosawa) dans l’ANGUILLE de Imarnura ou ceux des yakusas désabusés
de Kitano.
Aoyama s’attache a cette cellule familiale approximative, reconstituée par besoin de
solidarité, et réussit, au moment même où notre intérêt pourrait se tarir quelque peu, à
changer de registre et de rythme en introduisant une dimension policière et criminelle qui
apportera encore in fine une profondeur supplémentaire. La forme elle aussi n’est pas en
reste : s’appuyant sur un scope magnifique, légèrement teinté d’un sépia envoûtant,
l’image est superbe et emprunte d’une constante magie. Bref du grand cinéma justement
récompensé à Cannes par le prix FIPRESCI. (J.C.B.)