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The dead don’t die

Film d’Ouverture
The dead don't die

Nationalité : U.S.A.
Genre : Comédie Epouvante-horreur
Durée : 1h43
Date de sortie : 2019
Réalisateur : Jim Jarmusch
Acteurs principaux : Bill Murray, Adam Driver, Chloë Sevigny, Tilda Swinton, Selena Gomez

Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets...


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Avec humour et panache, Jim Jarmusch reprend les éléments du film d’horreur pour les subvertir au service d’une fable écologique. Contrairement aux usages, cela se termine mal. Comme notre avenir écologique ? Le jeune policier le répète à l’envi : cela va mal finir. Mais c’est parce qu’il a lu le scénario -humour décalé qui fait sourire le spectateur.
Ce sont les humains qui, en fracturant les pôles, ont déplacé l’axe de rotation de la terre et dérangé les morts dans leur mort. Les autorités nient les faits, évidemment - l’allusion politique est évidente. Les scènes de combat avec les zombies sont horribles à souhait, mais trop répétitives et on finit par se lasser un peu. Et la scène finale n’est plus vraiment dans le ton : le vieil ermite déclare que les morts ne trouvent pas de repos parce qu’ils ont perdu leurs âmes dans leur course vers toujours plus de consommation. C’est autre chose que d’être réveillé du repos éternel par un changement de l’axe terrestre. Mais on passe un bon moment et tout ce qui peut éveiller la conscience écologique est bon à prendre.


Certes je ne m’attendais pas à voir, comme le prophète Ezéchiel, des ossements desséchés retrouvant nerfs, chair et esprit dans le souffle divin, mais je ne pensais pas non plus savourer autant l’humour de cette histoire d’horreur que Jim Jarmusch pousse à l’excès, à tel point qu’elle devient presque supportable et irrésistible.
Certes il n’y met pas la poésie de son film « Paterson », mais il règle avec soin la musique de façon appropriée : la contrebasse angoissante et puissante annonce dès l’introduction l’ambiance inquiétante de fin du monde et nous replonge dans l’angoisse latente de « Melancholia » de Lars van Trier.
L’axe modifié de la terre entraîne des dérèglements de la nature, des lois physiques, des humains eux-mêmes, qu’ils soient morts ou vivants, mais seul, le vieux sage de la forêt garde « la tête sur les épaules », tandis que les morts-vivants déambulent dans une transe inextinguible, rappelant moins la danse macabre médiévale que la chorégraphie vivante de Pina Bausch.