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Hikari

Compétition officielle
Hikari

Pays : Japon, France
Genre : Drame
Durée : 1h41
Date de sortie : 20 septembre 2017
Réalisateur : Naomi Kawase
Acteurs principaux : Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsua Fuji

Misako aime décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audiodescriptrice de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection, elle rencontre un célèbre photographe dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

"Rien n’est plus beau que ce qu’on a sous les yeux et qui s’apprête à disparaître ".
Magnifique film qui prend son temps et que nous livre Naomi Kawase, dans la continuité de sa dernière réalisation, les délices de Tokyo.
Nous sommes imprégnés des paysages, de la nature, du bruissement dans les arbres, des sons, de la sensualité et de la douceur des gestes.
L’exercice de la jeune Misako consiste à mettre en mots un film à destination des mal voyants (audio description) .Dans sa rencontre avec le photographe Nakamori, ils vont s’accompagner mutuellement dans leurs difficultés à accepter : lui, la perte de la lumière du jour et elle, sa relation à sa mère malade.
Il s’agit d’une transformation profonde et d’une quête intérieure.


Une belle rencontre que celle de la jeune Misako et du photographe Nakamori, lors d’une séance de travail sur l’audiodescription d’un film. Un échange particulier, virulent, et une conception différente de la vie. Qui fera le premier pas vers l’autre ?

Un film éclatant et lumineux. Les sensations qui émanent de l’histoire équilibrent les personnages : Misako met des mots sur les images et le photographe Nakamori met en image les émotions tandis qu’à l’arrière-plan, le film sur lequel ils travaillent tous les deux parle de la perte, de la douleur et des difficultés à laisser s’envoler ceux que l’on aime.

C’est un film sensoriel qui nous fait découvrir le monde oublié de l’audiodescription, le monde caché des non-voyants, le monde de ceux qui sont aveugles à leurs propres sentiments. Naomi Kawase signe une réalisation exceptionnelle et nous propose de voir au-delà des choses, sans être limité par le carcan des mots.


La vision, ou plutôt la perte de la vision, est la "canne blanche" de ce film. Par tâtonnements il explore les contours d’autres pertes : fuite du temps, deuil d’un être cher.
La trame narrative est limpide : la vue du photographe se dégrade progressivement, le privant de sa raison de vivre ; l’audio-description d’un film en cours de réalisation s’écrit en s’épurant de plus en plus. Les séances de travail sont l’occasion de belles réflexions sur le cinéma, l’imagination, l’écoute. Le récit ménage des temps de pauses méditatives, où la nature se contemple comme souvent chez Naomi Kawase.
Comment guider l’autre sans exercer un pouvoir sur lui ? Comment faire de ces dépouillements une étape libératrice ? Peu à peu l’homme et la femme s’approchent de la lumière.