Primary Menu

Timbuktu

Timbuktu

Nationalité : Français , mauritanien
Genre : Drame
Durée : 1h40min
Date de sortie : Prochainement
Réalisateur : Abderrahmane Sissako
Acteurs principaux : Kidane Ibrahim, Toulou Kiki, Abel Jafri

Non loin de Tombouctou tombée sous le joug des extrémistes religieux, Kidane mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans.
En ville, les habitants subissent, impuissants, le régime de terreur des djihadistes qui ont pris en otage leur foi. Fini la musique et les rires, les cigarettes et même le football… Les femmes sont devenues des ombres qui tentent de résister avec dignité. Des tribunaux improvisés rendent chaque jour leurs sentences absurdes et tragiques.
Kidane et les siens semblent un temps épargnés par le chaos de Tombouctou. Mais leur destin bascule le jour où Kidane tue accidentellement Amadou le pêcheur qui s’en est pris à “GPS” sa vache préférée.
Il doit alors faire face aux nouvelles lois de ces occupants venus d’ailleurs…


(L'avis exprimé par les rédacteurs de cette rubrique est indépendant du travail et des choix du Jury oecuménique.)

Une fois dépassé le poste dit « bidon V » la piste pour Gao et Tombouctou s’étire entre fech-fech et dunes. C’est le désert saharien. L’on peut y écouter le vent : c’est beau et désolé, mais nous sommes en... 1930 ! Depuis, le son strident des sonneries de smarphone rivalise avec les pétarades des deux-roues, voire celui plus assourdissant des kalachnikov.

Pourtant il y demeure encore quelques pacifistes qui continuent à scruter les étoiles, comme ce berger targui, musicien. Il vit en famille dans cette région où grouillent les djihadistes, malgré la peur. La mort rode. La police islamique sévit dans les faubourgs de Tombouctou et les habitants choisissent leur camp, quand ils le peuvent. « Mektoub » dit le réalisateur : leur destin sera scellé par la fureur d’une histoire trop récente. L’un parle le tamasheq (les touareg) l’autre l’arabe, mais encore l’anglais (un combattant syrien ne parle pas français) ; voilà l’illustration d’une communication impossible. Certains sont éduqués, d’autres pas et se perdent dans un islam revu et corrigé. Les plans larges soulignent l’intensité des évènements, si cela est encore possible !

Mimer un match de football, pleurer dans le vent pour le respect de la liberté, danser, chanter c’est ce que tentent de faire certains pour illustrer l’amour et la tolérance.


Ce film, inspiré d’un atroce fait divers de lapidation d’un couple non marié en 2012 au nord du Mali, est un cri d’alarme et de révolte poussé par un des meilleurs réalisateurs africains. Des extrémistes musulmans ont envahi Tombouctou, ville d’histoire et de mystère, et font régner, en sillonnant la ville et ses environs à moto, la terreur de la Charia, proscrivant toute musique et allant dérisoirement jusqu’à contraindre les femmes à porter des chaussettes et des gants ! Dès l’ouverture les images promettent une apothéose du sens :la course éperdue d’une gazelle poursuivie par les militaires, métaphore de la chasse à l’homme et le mitraillage poignant par ceux-ci d’innombrables masques africains qui signe l’agression de la culture. Le film se déroulera ensuite implacablement, dans le cadre superbe de dunes brunes tachetées de touffes vertes, adouci par quelques notes d’humour, les propos soufistes d’un imam lumineux qui tient tête aux barbares, et l’amour tendre d’un paisible couple d’éleveurs et de sa petite fille sur lequel s’abat un drame. Les dialogues sont touchants et captivants et
la guitare et le n’goni baignent le film d’une musique sereine.