1994

Soleil trompeur

Solntsem

dimanche 28 mars 2004

Trop de soleil éblouit ou aveugle. On peut alors le cacher ou le filtrer, comme au cinéma : cela relève de la technique de l’artifioe et touche à l’idée - esthétique et morale - de la falsification, tacitement consentie, autrement dit du mensonge. Le questionnement sur la trahison (de l’art, de l’amour.) est essentiel chez Mikhalkov.
La trahison de l’histoire n’est pas un sujet nouveau pour lui qui l’abordait de façon plus littéraire dans "L’Esclave de l’amour" "Oblomov" ’’Partition"... et plus allégorique dans "Urga". Tel cinéma, issu d’une recherche exigeante et personnelle sur la forme et la psychologie, exclut tout danger de symbolisme, piège majeur du sujet "antistalinien" de "Soleil trompeur". Cela grâce à une mise en scène toute en ruptures de ton une extrême mobilité des corps dans l’espace étroit de la datcha (et de ce fragile bonheur présent), grâce à des dialogues qui révèlent des blesures secrètes, la progression souterraine d’un drame remontant aux racines du passé. En une journée, plusieurs destins se jouent et se rejouent, les mémoires individuelles se croisent et s’affrontent, suivant les entrelacs des lâchetés de chacun. Puis, quand l’histoire trahit ses héros, il ne reste plus qu’à mourir, comme Mitia d’une mort sans honneur.
"Soleil trompeur" magnifique leçon de cinéma sur l’absurdité du mnonde. (M.W.)


Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Films primés  Suivre la vie du site Prix

© JURY OECUMENIQUE au Festival de Cannes - FRANCE -
Organisé par
SIGNIS et INTERFILM